Déstabilisant et émouvant. Voici les deux mots qui viennent à l’esprit de Marie-Hélène Boivin lorsqu’elle repense à son voyage de solidarité mené au Pérou en juillet dernier avec Développement et Paix.
Présidente du conseil diocésien du Saguenay–Lac-Saint-Jean pour Développement et Paix, Marie-Hélène Boivin a été invitée à se joindre à un groupe d’une dizaine de participants afin de vivre cette expérience de solidarité internationale.
En visitant le Pérou, Marie-Hélène Boivin a compris à quel point les besoins sont importants. Malgré l’ampleur des défis, Développement et Paix contribue à donner aux populations les outils nécessaires pour s’affirmer et défendre leurs droits, indique-t-elle.
« Par exemple, les autochtones et les indigènes qui vivent en Amazonie ont maintenant accès à l’université, chose qui n’avaient pas avant. Ce sont des petits pas. Au début, ils étaient six à aller à l’université et maintenant ils sont 120 jeunes autochtones qui ont réussi à avoir de la place à l’université qui a 20 000 étudiants », ajoute-t-elle.
La mission première de Développement et Paix est d’agir sur les causes de la pauvreté, de l’oppression et des inégalités, en mobilisant les catholiques canadiens.
Accès à l’eau potable
Au cours de son voyage, Marie-Hélène Boivin a été à la rencontre des partenaires. D’une destination à une autre, elle en a appris davantage sur la réalité sociale et humaine du pays.
L’un de ses arrêts a été à Iquitos. Entre autres, elle a visité le quartier des Assises. « Quand ils sont arrivés en 2004, il y avait une rivière avec des poissons. Ils étaient capables de faire de l’agriculture. Ils avaient des animaux. C’était beau. Quelques années plus tard, ils ont construit un hôpital pour aider les gens. L’hôpital n’a aucun système sanitaire. Il n’y a rien pour ramasser les déchets et l’assainissement des eaux au niveau des égouts. Tout ça se déverse dans leur rivière. »
Privés d’une eau potable sécuritaire, les citoyens se mobilisent pour faire respecter leur droit à cette ressource essentielle.
Malgré ces difficultés, ils demeurent solidaires et gardent espoir. Portés par la force de leur communauté, ils croient que leurs efforts finiront par améliorer leurs conditions de vie.
Pollution des mines
Marie-Hélène Boivin a aussi été témoin de la pollution minière à San Mateo. « On est monté à 4200 mètres pour aller voir les mines. À cet endroit, les enfants ont un taux tellement élevé de métaux lourds dans le sang qu’ils développent des problèmes neuropsychologiques et neuromoteurs. C’est dû à la pollution causée par les mines exploitées par des multinationales canadiennes et internationales », explique-t-elle.
Les démarches de sensibilisation menées par Développement et Paix auprès des multinationales semblent avoir eu un impact positif. Dans la région visitée, une mine canadienne a mis en place des mesures visant à réduire la pollution et la dispersion de la poussière.
Aller à la rencontre
Ce voyage a profondément marqué Marie-Hélène Boivin. « Chaque jour, je rendais grâce pour la vie que je mène. C’est officiel que tu reviens en te disant, on est choyé ici dans la région. On est choyé au Québec », affirme-t-elle.
Pour la suite, la résidente de Chicoutimi souhaite rencontrer les communautés paroissiales de la région afin de partager son expérience au Pérou. Elle aimerait également animer des tables rondes pour favoriser les échanges et susciter la réflexion.