La mobilisation du mouvement Le communautaire à boutte ne faiblit pas. Le 22 octobre dernier, des représentants d’organismes de la MRC de Maria-Chapdelaine se sont rassemblés au centre-ville de Dolbeau-Mistassini pour tenir une marche bruyante.
« Le communautaire refuse de se taire », « On avance, on ne recule pas » et « Ensemble solidaires pour le milieu communautaire » : tels étaient les slogans scandés dans les rues de Dolbeau-Mistassini.
Une soixantaine de personnes se sont réunies à l’occasion de la semaine de mobilisation afin de faire entendre leurs revendications.
« Le but est de revendiquer de meilleures conditions, notamment un financement à la mission adéquat et des conditions de travail moins précaires. La situation de la population est de plus en plus difficile. Nous recevons de plus en plus de demandes, mais le financement ne suit pas », a expliqué Maude Boutin, de l’organisme Grands Frères Grandes Sœurs.
Le mouvement a été lancé à l’échelle provinciale au printemps dernier. « On n’a pas nécessairement été entendus. Il y a eu un changement de gouvernement et nous sommes dans une autre optique. On veut se faire connaître. C’est en se mobilisant qu’on obtient des gains, et ce n’est pas le temps de s’essouffler », ajoute-t-elle.
Organismes sous pression
Les organismes du territoire font face à une pression grandissante. Le manque de financement entraîne des conséquences bien réelles. Le Centre de femmes du Pays Maria-Chapdelaine en est témoin.
Comme l’indique l’intervenante Claudie Labrecque, l’offre d’ateliers de groupe a dû être réduite. Quant au salon d’accueil, il est passé de trois à deux jours par semaine.
« Beaucoup de femmes y viennent pour briser l’isolement. Nous avons six chaises berçantes et, souvent, il faut ajouter des chaises. Il arrive qu’il y ait jusqu’à 12 femmes dans le salon en même temps. Le besoin est là. »
Le service d’accompagnement pour les interruptions de grossesse a également été suspendu. Une liste d’attente a même été mis en place pour les interventions individuelle pour répondre à la demande pendant un certain temps.
Cette situation affecte aussi le moral des équipes. « C’est quand même difficile. Nous sommes une petite équipe et nous offrons beaucoup de services. La plupart du temps, nous ne sommes que deux intervenantes-animatrices. Ça nous met énormément de pression et de stress. »
À la croisée des chemins
De son côté, le Centre Plein Vie de Normandin se dit à la croisée des chemins.
« On étire l’élastique. On est en réflexion actuellement. Si rien ne change, il faudra peut-être couper des journées de service et passer de cinq à quatre jours par semaine, voire à trois. Ce serait un dur coup pour les services », affirme la directrice générale, Nadia Dion.
La mission principale de l’organisme est de permettre aux personnes de 18 ans et plus vivant avec une déficience physique ou intellectuelle de s’intégrer pleinement à la société.
« On constate la différence que l’on fait grâce au nombre de personnes que l’on rejoint chaque année. »
Le Centre Plein Vie réclame notamment un financement récurrent.
« On ne le fait pas seulement pour nous. On le fait pour toute la communauté. Ce sont des droits que nous défendons, ce sont des personnes vulnérables que nous accompagnons, ce sont des familles vulnérables que nous soutenons », conclut-elle.
