La campagne électorale sera déclenchée dans une semaine et, comme la plupart d’entre vous, je n’en ai pas vraiment le goût. Pourtant, j’ai toujours aimé la politique, cet exercice qui permet de réfléchir à l’avenir, d’analyser le travail de nos décideurs et d’assister aux jeux stratégiques des politiciens pour obtenir l’appui de la population. Mais nous sommes tous un peu désabusés de la politique pour mille et une raisons, et nous avons perdu confiance dans le système ainsi que dans ces femmes et ces hommes qui devraient être l’élite de notre société.
Alors, pour qui voterez-vous ? Pour votre candidat local, pour le parti ou pour le chef ? Bravo à ceux qui veulent mettre leur visage sur les poteaux, mais selon la majorité des études, les candidats locaux ne représentent que 5 à 10 % du vote total dans une circonscription. De 30 à 40 % des citoyens votent pour le chef et de 50 à 60 % votent principalement pour le parti politique.
Alors, irez-vous voter ou ne voterez-vous pas ? En 2022 au Québec, seulement 66 % des électeurs ont voté ; ce chiffre était de 85 % en 1976. Chez les jeunes de 18 à 34 ans, le taux de participation a baissé de 20 % depuis 1994. Seul le vote des aînés de 65 à 74 ans reste très fort, avec un taux de participation de 80 %.
Mais pourquoi voter ? Pour changer quatre trente-sous pour une piastre ? Un parti ou l’autre, une fois qu’ils sont au pouvoir, ils sont tous pareils ? Voilà des phrases que nous avons tous entendues, et je vous épargne ce qui s’écrit aujourd’hui sur les réseaux sociaux. C’est tellement facile de critiquer quand on n’a jamais rien dirigé, jamais rien réalisé. Dans votre vie personnelle, arrivez-vous à respecter tous vos engagements, toutes vos promesses ? Vous serez surpris d’apprendre que, depuis René Lévesque, en passant par Philippe Couillard ou même François Legault, les partis politiques au Québec ont tous réussi, en moyenne, à réaliser entre 65 et 80 % de leurs engagements électoraux.
J’ai toujours pensé qu’il fallait s’organiser si nous ne voulions pas nous faire organiser. C’est pour cette raison qu’il est important de ne pas voter seulement en fonction d’une émotion ou d’une impression, mais bien de prendre le temps d’analyser ce que les partis, les chefs et les candidats ont à nous offrir. Mais voilà : selon les recherches en comportement électoral, seulement 5 à 10 % des électeurs lisent véritablement les programmes officiels des partis politiques dans leur intégralité. Résultat : les électeurs forgent leur opinion à partir de ce qu’ils entendent dans les médias. Dis-moi ce que tu écoutes, je te dirai pour qui tu vas voter. Les médias ont même inventé les boussoles politiques pour guider les citoyens vers un parti ou l’autre selon l’importance qu’ils accordent à tel ou tel sujet.
J’aimerais que le prochain gouvernement élu soit soucieux de bien administrer l’argent des contribuables. Qu’il soit responsable, transparent, équitable et honnête envers les citoyens. Qu’il soit visionnaire et nous gouverne avec sagesse et intelligence.
Bref, je rêve peut-être en couleur. Je n’ai peut-être pas le goût de cette campagne électorale, mais je vais prendre le temps de bien m’informer, de réfléchir et de voter. Parce que si nous ne nous occupons pas de la politique, la politique, elle, continuera de s’occuper de nous.