Chroniques

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L'importance de donner aux banques alimentaires

Le 05 décembre 2024 — Modifié à 08 h 00 min
Par Roger Lemay

Il me semble que quand j’étais gamin, les personnes ayant recours aux banques alimentaires étaient plutôt rarissimes. Il y avait peu ou pas de soupes populaires à la fin des années 60 ni dans les années 70. Bien sûr, il y avait de la pauvreté, mais je crois qu’à l’époque chaque communauté, chaque village, ou chaque quartier s’il s’agissait de plus grandes villes, s’organisait pour aider les quelques familles voisines qu’on savait être dans le besoin. Les familles étant aussi plus grandes, c’était fréquent d’inviter les plus démunis à participer à un repas, à la maison. Là où il y en avait pour 10, il y en avait également pour le voisin dans le besoin qu’on intégrait tout naturellement aux membres de la fratrie. Personne n’était laissé pour compte, surtout pas pendant le temps des Fêtes.

C’était bien avant la montée de l’individualisme comme philosophie, voire comme mode de vie. Je ne suis pas du genre à me dire que tout était mieux avant, mais il me semble donc qu’on avait un sens du partage un peu plus aiguisé qu’aujourd’hui. On avait pas besoin de campagne, ni de collecte de fonds, les gestes altruistes s’effectuaient tout naturellement, sans que personne ne s’en formalise, sans que personne ne le remarque. Une influence du Clergé ? Certainement. On est prompt ces années-ci à condamner la domination excessive de l’Église sur la société québécoise d’une époque pas si lointaine, celle qualifiée de grande noirceur, alors que l’Église, toute puissante, avait main mise sur l’éducation, la santé et les services sociaux, avec la complaisance d’un Maurice Duplessis attaché aux traditions, et à l’obéissance. De cette époque, on ne retient que trop souvent les histoires d’horreur; les abus physiques, sexuels, et la domination sur les femmes, qui devaient rester dans l’ombre, effacées.         

Sauf qu’au sein de ce même Clergé se trouvaient aussi (et pour la plupart) des personnes dévouées, hommes et femmes; curés, frères, religieuses, qui tenaient à bout de bras nos institutions pour des miettes en salaire, ou pas de salaire du tout. Il serait injuste de les associer tous aux tares d’une institution qui en paie aujourd’hui le prix.

Un long détour, j’en conviens, pour en revenir aux besoins alimentaires. Un chiffre m’a frappé la semaine dernière. Les demandes d’aides alimentaires sont passées, rien que pour notre région, de 59 000 à 76 000 en seulement un an. Selon Yanick Soumis, DG de Moisson Saguenay-Lac-St-Jean, la clientèle a changé de visage. Avant la pandémie, dit-il, on recevait des demandes principalement de personnes bénéficiant de l’aide sociale. Depuis se sont greffés d’autres demandeurs, des étudiants, des personnes âgées, mais aussi des travailleurs qui n’arrivent plus à joindre les deux bouts. C’est un phénomène aussi nouveau qu’inquiétant, car on ne sait pas si ça va encore s’empirer.

De là l’importance des collectes publiques comme celle de la Guignolée des médias qui s’amorce aujourd’hui (5 décembre) dans les rues, et qui se poursuit jusqu’au 31 décembre. Cette collecte comble les trois quarts du financement de toutes les soupes populaires du Saguenay-Lac-Saint-Jean. Si vous avez la chance d’avoir un toit et de manger à votre faim, pensez au plus vulnérables d’entre nous. Dites-vous que chaque don, qu'il soit petit ou grand, fait une différence significative dans la vie de nombreuses personnes.

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