L’élection d’un gouvernement minoritaire place le Parti Québécois devant d’importants défis politiques. Pour faire adopter ses réformes et ses projets de loi, le il devra obtenir l’appui d’au moins un des partis d’opposition. Conscient de ce rapport de force, Québec solidaire a déjà commencé à faire valoir ses priorités auprès du nouveau gouvernement.
Dans une lettre adressée à la nouvelle ministre responsable des Institutions démocratiques, le porte-parole de Québec solidaire Sol Zanetti demande la tenue rapide d’une rencontre transpartisane afin de relancer le chantier de la réforme du mode de scrutin. Selon lui, le contexte politique actuel offre une occasion à ne pas manquer.
Durant la campagne électorale, le chef du Parti québécois et maintenant premier ministre, Paul St-Pierre Plamondon, s’était engagé publiquement à réformer le mode de scrutin. Cet engagement avait été formulé lors d’un échange avec la porte-parole de Québec solidaire Ruba Ghazal pendant le débat des chefs organisé par Radio-Canada.
« La distorsion électorale qu'on a pu voir entre le vote populaire et la répartition des sièges est une preuve supplémentaire que notre système est brisé. La bonne nouvelle, c'est qu'une majorité de députés, ceux du PQ, du PCQ et bien sûr de Québec solidaire, sont en faveur d'une réforme. La mauvaise nouvelle, c'est que comme les gouvernements minoritaires ont tendance à durer moins de 4 ans, les élections pourraient être déclenchées plus tôt que prévu. J'espère donc que la nouvelle ministre Mme Pellerin-Forget organisera cette rencontre sans attendre », a déclaré M. Zanetti.
Le député souhaite également que les discussions dépassent le cadre de l’Assemblée nationale. Il demande que le Mouvement Démocratie Nouvelle, l’Assemblée des Premières Nations Québec-Labrador ainsi que la société Makivvik soient invités à participer aux travaux.
Pour un mode de scrutin proportionnel
Québec solidaire plaide en faveur d’un mode de scrutin proportionnel et estime que le gouvernement pourrait rapidement reprendre les travaux déjà amorcés dans les dernières années. En 2018, les partis représentés à l’Assemblée nationale s’étaient entendus sur un projet de réforme visant l’adoption d’un scrutin proportionnel mixte compensatoire à redistribution régionale. Selon la formation politique de gauche, cette base de travail demeure pertinente et permettrait d’accélérer le processus.
« En faisant élire zéro député avec pourtant 13% des votes, la CAQ a récolté ce qu'elle a semé en brisant sa promesse de réforme du mode de scrutin. J'ai confiance que le Parti Québécois ne fera pas la même erreur et que cette élection sera la dernière sous le mode de scrutin actuel. La prochaine élection, peu importe quand elle se déroulera, doit représenter le plus fidèlement ce que la population souhaite réellement », a conclu M. Zanetti.
