Serdex International, dont la place d’affaire est à Alma, le confirme : les tarifs douaniers américains préoccupent de nombreuses entreprises manufacturières de la région. Sans pouvoir indiquer leur nombre, la directrice générale Nadine Brassard précise que certaines sont déjà touchées et d’autres craignent de l’être.
Nadine Brassard souligne que depuis l’imposition de nouveaux tarifs, plusieurs manufacturiers tentent de déterminer si leurs produits sont concernés. La classification douanière, les codes tarifaires et les documents d’exportation sont au cœur de nombreuses questions adressées à Serdex International.
Les entreprises doivent notamment vérifier si leurs marchandises sont visées par les mesures en vigueur, mais aussi s’assurer de remplir correctement les documents requis. Une erreur administrative peut entraîner des conséquences financières.
« C’est un casse-tête pour les entreprises de rechercher toute cette information et de remplir la paperasse comme il faut. Même si mon produit n’est pas touché, il faut savoir comment bien remplir les documents pour qu’il ne le soit pas. Et s’il est touché, il faut comprendre l’impact et savoir comment en parler avec son client », explique-t-elle.
Les manufacturiers qui sont déjà affectés par les nouvelles mesures produisent souvent de composantes ou des pièces utilisées dans les opérations industrielles : pièces de remplacement, petits moteurs ou autres éléments qui circulaient auparavant plus facilement à la frontière.
Une plateforme d’information en ligne
Pour aider ses clients à s’y retrouver alors que la situation évolue rapidement, Serdex, qui est spécialisée dans l’exportation, a mis en ligne une plateforme consacrée au soutien des entreprises touchées ou préoccupées par les tarifs douaniers. Celle-ci a été mise à jour afin d’inclure les nouveaux programmes d’aide, les mesures tarifaires en vigueur et les informations récentes.
« On est beaucoup dans le transfert d’expertise. Il faut se tenir à jour, aller chercher la bonne documentation et la rendre accessible aux clients », affirme Nadine Brassard.
La diversification des marchés devient également une priorité selon elle. Les entreprises qui avaient déjà commencé à réduire leur dépendance envers les États-Unis poursuivent leurs démarches, tandis que celles qui dépendent fortement du marché américain sont invitées à ne pas attendre d’être directement touchées avant d’agir.
« J’ai envie de dire aux entreprises de ne pas attendre d’être touchées pour amorcer le pas. La diversification des marchés, c’est une démarche qui prend du moyen ou du long terme. Il faut commencer tout de suite », insiste-t-elle.
Les possibilités ne se trouvent pas uniquement à l’extérieur du pays. Le marché canadien et les autres régions du Québec actuellement approvisionné par les États-Unis pourraient offrir des occasions d’affaires aux manufacturiers québécois.
Diversifier ses clients ou ses produits
Une entreprise pourrait ainsi diversifier ses clients, mais aussi ses produits. Elle pourrait posséder les installations nécessaires pour fabriquer localement une pièce ou un composant actuellement importé des États-Unis. Pour Nadine Brassard, les entreprises doivent demeurer attentives afin de repérer ces occasions.
« Tout le monde cherche à être moins dépendant des États-Unis. Nos entreprises peuvent offrir des solutions en lien avec ça ».