Par Serge Tremblay — Journaliste et rédacteur en chef (2010-2024)
Trente ans. C’est l’âge du journal que vous tenez entre vos mains ou que vous consultez à l’écran. D’une certaine façon, le Nouvelles Hebdo accompagne le milieu dans son évolution depuis trois décennies.
En le feuilletant, c’est l’histoire de notre coin de pays que vous y lisez. Pas l’Histoire avec un grand H, naturellement, mais plutôt la non moins importante histoire avec un petit h. Celle que vous et moi écrivons au quotidien.
Elle est banale et en même temps, elle ne l’est pas. Elle est surtout profondément humaine. C’est celle de gens ordinaires qui laissent leur empreinte sur la communauté de mille et une façons, grandes ou petites.
Oui, bien sûr, c’est l’histoire du maire du village, de l’homme d’affaires influent, du député qui sollicite un nouveau mandat et de l’incendie qui a ravagé le bâtiment municipal. Mais c’est aussi l’histoire de l’assistant-entraîneur de la ligue de garage, de l’artiste émergent qui donne son premier spectacle, de l’entreprise du coin qui investit ici, de l’organisme
communautaire qui soutient les moins fortunés, de la jeune sportive en ascension et du bénévole qui répond présent depuis 40 ans.
Si vous y réfléchissez bien, il y a fort à parier que plusieurs d’entre vous, qui lisez ce journal, s’y sont retrouvés à un moment ou un autre, directement ou indirectement. Peut-être êtes-vous le père de la sportive en ascension, la conjointe du bénévole engagé depuis 40 ans ou le prof qui a donné la piqûre de son art l’artiste émergent. L’histoire avec un petit h est pleine de figurants qui, de temps à autres, deviennent les personnages principaux.
Depuis 30 ans, le Nouvelles Hebdo, c’est un peu tout ça. Il braque le projecteur sur ceux et celles qui font notre histoire et vous la raconte en « temps réel ». Il le fait avec des moyens limités, mais avec rigueur.
Cette mission, mine de rien, est sérieuse et exigeante. Et dire que le contexte dans lequel elle se déploie est difficile est un euphémisme.
En 2010, lorsque j’ai commencé à faire du journalisme et que je me rendais au conseil de la MRC, j’y étais avec des collègues du Quotidien, de Planète 100,3, du Journal Le Point et même de la défunte station de radio CKII. Lorsque j’ai quitté le métier 14 ans plus tard, il ne restait que moi à la table des médias. C’est la dure réalité du climat économique dans le milieu des médias.
Alors qu’il amorce sa quatrième décennie d’activités, le Nouvelles Hebdo, en dépit des défis, poursuit sa mission fondamentale. Avec la télévision locale, il est la dernière fenêtre qu’il nous reste qui chronique l’histoire de notre MRC à travers ses gens et ses grands moments. Soyons-en fiers.
À une époque où il est si facile de se fondre dans le grand tout numérique, avec la surabondance de contenus venus d’ailleurs, le lien au territoire que nous habitons est précieux. La beauté de ce pays est faite des gens qui l’habitent. Et chaque semaine, c’est leur visage que vous voyez dans votre journal.

