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Parc Mahikan/Aventuraid

Le loup sous un autre regard à Girardville

Le 31 juillet 2026 — Modifié à 13 h 50 min le 30 juillet 2026
Par Emmanuelle LeBlond - Journaliste de l'initiative de journalisme local (IJL)

Tout le monde connaît le grand méchant loup, une image qui a longtemps contribué à faire du loup un symbole de danger, de ruse et de férocité. Pourtant, cet animal est bien plus que cela. Dans plusieurs cultures, il incarne aussi la liberté, la force, la loyauté et la sagesse. Situé à Girardville, le Parc Mahikan/Aventuraid s'est donné pour mission de démystifier cet animal en permettant aux visiteurs de mieux le comprendre et de l'observer dans son environnement.

Selon la demande, Aventuraid organise des visites guidées du Parc Mahikan, où le public peut découvrir trois meutes composées de loups gris et arctiques. Des sentiers ceinturent les enclos, permettant d’admirer l’animal sous plusieurs angles.

Lors de la visite du Nouvelles Hebdo, c'est Raphaël qui assurait l'animation. Son arrivée n'est d'ailleurs pas passée inaperçue. Accompagné de chiens de traîneau, le guide a fait son entrée sous le regard des visiteurs. Débordant d'énergie, les animaux parcouraient le site à toute vitesse, manifestement heureux de profiter de l'espace.

Dans le premier enclos, deux loups gris et un loup arctique accueillaient les nouveaux venus avec curiosité. Rapidement, les visiteurs ont pu constater certaines différences physiques entre le loup et le chien. La silhouette du loup est parfaitement adaptée à la course, qu'il s'agisse de parcourir de longues distances ou d'effectuer de brèves accélérations.

« Ils ne se ressemblent pas du tout au niveau du squelette, indique Raphaël. On peut facilement installer un harnais sur un chien, mais pas sur un loup. La morphologie du chien, notamment au niveau des épaules, est différente. Le loup, lui, possède un corps d'athlète conçu pour la vitesse et l'endurance. »

Une meute en évolution

La deuxième meute est plus imposante et compte une douzaine d'individus. Il y a quelques années, le groupe s'est divisé, raconte le guide.

« Deux sœurs se sont fait la guerre. Il y en a une qui est partie sur la colline et l’autre a gardé la mare. Elles ont séparé la meute en deux groupes entre cinq à six individus. Ça a duré pendant trois ou quatre ans. »

À la mort de l'une des deux femelles, plusieurs croyaient que le groupe se réunifierait. La réalité a toutefois été différente.

« Deux meutes principales sont nées et deux individus ont été expulsés, soit un mâle et une femelle, fait savoir Raphaël. Le mâle a fini par mourir de vieillesse. La femelle, quand elle était seule, a réussi à intégrer la meute dominante. »

L'automne prochain devrait permettre à l’équipe du parc d'avoir un portrait plus précis de la composition actuelle du groupe.

La tanière des loups

Un peu plus loin, le public peut observer la tanière des loups gris, un abri réservé aux louveteaux. Au moment de la visite, aucun petit n'avait montré le bout de son museau, mais un adulte se trouvait à proximité.

Comme l'explique Raphaël, la tanière est généralement creusée quelques jours avant la mise bas. « Quand les loups naissent, ils restent environ un mois avec la maman. Ils ont besoin de nourriture. Ensuite, un autre individu va surveiller les bébés pour que tout se passe bien. Ce n’est pas nécessairement le papa ni la maman. »

Dernièrement, deux louveteaux sont venus au monde. Raphaël précise que, dans une meute, c'est généralement la femelle dominante qui se reproduit, à raison d'une portée par année au printemps.

La chasse

Règle générale, la vie d’un loup est rythmée par le repos, les déplacements et les interactions sociales. Ses déplacements permettent de chercher de la nourriture, traquer une proie ou éviter une menace.

À ce moment de la visite, tous les loups n'étaient pas visibles à l'œil nu. Cela ne signifie toutefois pas qu'ils ignoraient la présence du groupe. Bien au contraire. Les loups sont des animaux particulièrement attentifs à leur environnement et ils nous ont très probablement repérés.

« Le loup est un animal curieux. Il va nous entendre, ce qui lui permet de nous localiser. Il va aussi nous sentir. Son odorat lui transmet une foule d'informations », souligne Raphaël.

« À quoi ça leur sert concrètement? Pour la chasse. Quand ils vont arriver sur un troupeau de proies, ils vont pouvoir choisir la proie la plus faible, donc qui représente le moins de risque de se faire blesser pour la manger », ajoute-t-il.

Ainsi, le loup contribue à l’équilibre des écosystèmes en contrôlant les populations de proies et en éliminant les individus les plus faibles ou malades.

Au fil des ans, un lien particulier s’est développé entre Raphaël et les loups. Ce dernier d’ailleurs au Parc Mahikan depuis maintenant une dizaine d’années, en compagnie des propriétaires Gilles Granal et sa femme Marie-Christine.

Si l'accès aux enclos est réservé au personnel, les visiteurs peuvent néanmoins demeurer au plus près des loups en profitant des hébergements situés à proximité des meutes, question de prolonger l’expérience.

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