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Élection québécoise

Le CIFQ interpelle les partis politiques sur l’avenir de la forêt

Le 04 septembre 2026 à 15 h 00
Par Émile Boudreau - Journaliste

À un mois du scrutin provincial, le Conseil de l’industrie forestière du Québec (CIFQ) presse les formations politiques de faire de la forêt et de l’industrie forestière une priorité de leur programme électoral.

Dans un contexte marqué par les tensions commerciales avec les États-Unis et par les défis auxquels fait face la filière forestière, l’organisation a dévoilé quatre grandes priorités qu’elle souhaite voir adopter par le prochain gouvernement.

« Le prochain gouvernement doit se montrer fier et proposer aux Québécois une vision claire et ambitieuse pour sa forêt et son industrie forestière. Pour relever les défis de demain, il faudra faire preuve d'audace, repenser certaines approches et innover dans nos modèles de gestion. Pilier économique et stratégique du Québec, notre secteur est au cœur d'une filière forestière nationale et il devient impératif de mettre en place les conditions nécessaires à l'essor d'une industrie forestière moderne, compétitive et durable », a affirmé Michel Vincent, président du CIFQ.

Parmi les recommandations du CIFQ figure d’abord le renouvellement de la relation entre le gouvernement du Québec et les Premières Nations. L’organisation souhaite que celles-ci participent davantage à la gouvernance et à la prise de décision en matière d’aménagement et de gestion du territoire. Elle préconise également le développement de partenariats permettant aux communautés autochtones de prendre part aux activités forestières et d’en tirer des retombées économiques.

Le Conseil réclame aussi une modernisation du régime forestier québécois. Il juge nécessaire de rendre le cadre actuel plus souple et mieux adapté aux réalités régionales, tout en améliorant la prévisibilité pour les entrepreneurs forestiers.

« L'accès à la fibre demeure la pierre d'assise de toute la chaîne de valeur forestière. Il est donc essentiel d'accroître la prévisibilité de l'accès à la ressource, d'améliorer la compétitivité du coût d'approvisionnement et de simplifier le cadre administratif et réglementaire applicable aux activités forestières. Une gestion forestière davantage décentralisée et adaptée aux réalités et aux priorités des régions permettra également de renforcer la vitalité des territoires forestiers. », affirme Michel Vincent.

Miser sur l’innovation et le bois

L’organisation demande également au futur gouvernement de soutenir davantage la modernisation des usines, l’amélioration de la productivité et le développement de nouvelles filières industrielles. Pour y parvenir, elle propose notamment le déploiement d’une stratégie industrielle propre au secteur forestier, un meilleur accès à une main-d’œuvre qualifiée et le maintien d’un avantage concurrentiel sur le plan énergétique. Le CIFQ souhaite aussi encourager la transformation des coproduits forestiers en produits innovants à forte valeur ajoutée.

Le Conseil insiste par ailleurs sur le rôle que peut jouer l’industrie forestière dans la transition énergétique et la lutte contre les changements climatiques. Il demande que la contribution du secteur à la séquestration du carbone et à la décarbonation de l’économie québécoise soit davantage reconnue.

Dans cette optique, le prochain gouvernement est invité à agir comme un « véritable partenaire » en favorisant davantage l’utilisation du bois, particulièrement dans le secteur de la construction. Le CIFQ souhaite aussi que l’État privilégie ce matériau dans ses projets de construction et de rénovation de bâtiments publics et qu’il encourage le recours aux systèmes préfabriqués en bois afin d’accélérer la réalisation de projets et de contribuer à la lutte contre la crise du logement.

Une industrie à défendre sur le plan commercial

Enfin, l’organisation considère que la défense de l’industrie forestière doit occuper une place importante dans les relations commerciales du futur gouvernement du Québec. Elle souligne que les tarifs douaniers américains et d’autres mesures protectionnistes continuent de fragiliser la compétitivité des entreprises du secteur.

« Issu d'une ressource locale et renouvelable, le bois constitue un matériau d'avenir et joue un rôle incontournable dans la transition vers une économie plus durable. C'est pourquoi les formations politiques doivent s'engager clairement en faveur d'une véritable gestion territoriale et à faire de l'avenir de la forêt et de l'industrie forestière une priorité de leur programme électoral », conclut Michel Vincent.

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