Près de 67 700 personnes de 15 ans et plus agissent comme proches aidants au Saguenay-Lac-Saint-Jean, selon les résultats de l’Enquête québécoise sur la santé et le bien-être des personnes proches aidantes, dévoilés par l’Institut de la statistique du Québec (ISQ).
L’étude, réalisée auprès de 18 608 répondants entre octobre 2024 et juillet 2025, indique que 27,7 % de la population régionale assume un rôle de proche aidance, une proportion légèrement supérieure à la moyenne québécoise de 27 %. À l’échelle de la province, cela représente plus de 2,07 millions de personnes.
La majorité des proches aidants soutiennent une seule personne (64 %), tandis que 28 % en aident deux et 9 % trois personnes ou davantage. De plus, près d’un proche aidant sur dix accompagne au moins une personne depuis plus de 20 ans.
Les personnes aidées sont principalement des aînés. En effet, 71 % des proches aidants québécois soutiennent une personne âgée de 65 ans ou plus. Les parents demeurent les principaux bénéficiaires de cette aide, alors que 40 % des répondants viennent en soutien à leur père ou à leur mère. Les conjoints (15 %), les enfants (13 %), les frères et sœurs (10 %) ainsi que les amis (15 %) figurent également parmi les personnes les plus souvent aidées.
Un rôle souvent source de stress
L’enquête met en lumière les défis importants associés à la proche aidance. Si 61 % des répondants consacrent entre une et quatre heures par semaine à leur rôle, une personne sur dix y investit au moins 20 heures hebdomadairement.
Près de 69 % des proches aidants ont affirmé avoir ressenti du stress lié à leurs responsabilités au cours de l’année précédant l’enquête. En outre, près de la moitié (49 %) considèrent leurs tâches comme physiquement exigeantes.
Les impacts sur la santé sont également notables. 17 % des répondants disent avoir développé des problèmes de santé physique, notamment de la fatigue accrue ou des épisodes plus fréquents de maladie. Par ailleurs, le quart des proches aidants estime que ce rôle a entraîné des conséquences sur sa capacité à répondre à ses besoins essentiels ou à respecter ses obligations financières.
Des répercussions sur le travail et les études
La conciliation entre la proche aidance et les autres sphères de la vie demeure un défi majeur. Globalement, 44 % des personnes interrogées affirment éprouver des difficultés à jongler avec leurs responsabilités de proche aidance, leur travail, leurs études, leurs tâches domestiques ou leurs loisirs.
Parmi les proches aidants, 70 % occupaient un emploi au cours de la dernière année. Toutefois, plusieurs ont dû adapter leur horaire de travail en raison de leurs responsabilités. Plus du quart (26 %) ont réduit leurs heures de travail, 44 % ont interrompu une journée de travail et 29 % ont pris des congés sans solde. L’enquête révèle également que 8 % ont quitté temporairement ou définitivement leur emploi pour répondre aux besoins d’un proche.
Naviguer dans le système, un défi
Les démarches administratives et l’accès aux ressources représentent aussi des obstacles fréquents. Environ 26 % des proches aidants disent avoir eu de la difficulté à trouver l’aide ou les services appropriés. Une proportion similaire affirme avoir éprouvé des difficultés à s’orienter dans le réseau de la santé et des services sociaux, tandis que 21 % rapportent des problèmes de communication avec les intervenants et le personnel soignant.
Malgré ces défis, près de la moitié des proches aidants (46 %) ont utilisé au moins un service de soutien destiné aux personnes proches aidantes au cours de la dernière année. De plus, 54 % affirment se sentir compris, reconnus et respectés par les professionnels du réseau de la santé.
L’enquête montre également que le soutien de l’entourage demeure un élément important : 64 % des proches aidants estiment pouvoir compter sur l’aide de leur famille, de leurs amis ou de leur voisinage lorsqu’ils en ont besoin.
