Faire 46 000 fois la distance d’un javelot… sur la route

Faire 46 000 fois la distance d’un javelot… sur la route

La judoka olympique Marie-Hélène Chisholm

JEUX DU QUÉBEC-Colton Roberts, un athlète de la Côte-Nord, a gagné la médaille de bronze au lancer du javelot juvénile grâce à un lancer de 48,57 mètres, pendant que son confrère André Ifill en a fait de même au lancer du marteau juvénile.

Banal ou exceptionnel? Toute la différence entre les deux se trouve dans le transport.

Roberts, champion provincial de son épreuve et porte-drapeau de la Côte-Nord, vient de Blanc-Sablon. Lui et son confrère Ifill, tous deux de la Basse Côte-Nord, ont voyagé pendant deux jours pour se rendre à Longueuil à temps pour les Jeux du Québec.

Ils sont partis tôt jeudi matin et ont pris l’avion jusqu’à Sept-Îles pour rejoindre une partie de la délégation. Ils ont ensuite fait le trajet de trois heures de Sept-Îles à Baie-Comeau en autobus et avec toute la délégation réunie, ils ont fait une dernière balade de 6h45 du matin à 16h jusqu’à Longueuil. Une bagatelle de 2229 km.

Colton a donc voyagé 46 000 fois la distance que son javelot a parcourue lors de son meilleur essai aux Jeux à Longueuil. Voilà avec quoi compose la délégation Côte-Nord pour former ses athlètes pour les Jeux.

«C’est simple, chez nous, la majorité des athlètes viennent de Baie-Comeau, Sept-Îles et certains de Port-Cartier, un petit bassin pour le triathlon et les activités aquatiques. Avec notre large territoire géographique et notre faible démographie (97 000 habitants sur 237 000 km2  contre 230 000 sur 116 km2 pour Longueuil), il n’est pas évident de réunir nos athlètes pour des camps de développement ou de sélection», explique le jeune chef de mission, Philippe Le Breux.

 

Dix joueurs pour former une équipe de dix

Lors du seul jour de camp de sélection de l’équipe masculine de basketball annoncé d’avance, neuf joueurs de Baie-Comeau et un de Sept-Îles se sont présentés pour les dix  postes à combler, alors que les régions populeuses tiennent plusieurs séances par mois avec des dizaines de candidats.

«C’est comme ça pour d’autres sports. Nous avons trouvé une fille à la dernière minute pour joindre notre seule golfeuse inscrite, pour la compétition par équipe. Nous avons une athlète de vélo de montagne qui n’a pas eu d’adversaire dans son groupe d’âge et une de nos joueuses de tennis n’a affronté qu’une seule rivale pour se classer aux Jeux.»

Les solutions? Former des équipes de sport collectif à long terme et se spécialiser dans les sports individuels. «Nous avons formé des équipes de jeunes joueurs de baseball et de soccer qui ne se rencontrent qu’une seule fois par trois mois, mais au moins ils ont une chance de souder des liens.» L’équipe de baseball de la Côte-Nord a d’ailleurs remporté son premier match depuis au moins 2003, lors du 1er bloc des Jeux.

 

Du talent local inspirant

Pour ce qui est des sports individuels, Baie-Comeau qui est puissante en judo, va chercher son lot de médailles en athlétisme (11) et en natation (6) et livre une concurrence honnête dans d’autres sports individuels.

«Je suis content, la victoire au baseball a fait plaisir à tout le monde. Je voulais battre l’ancien total de 12 médailles à Shawinigan en fixant l’objectif à 15 et nous en sommes à 17 après le 1er bloc, dit-il sourire en coin. Mais le 2e bloc arrive, il nous faudra des surprises.»

Preuve que le judoka est un sport majeur dans la région, la judoka olympique Marie-Hélène Chisholm, native de Port-Cartier, est venue rencontrer les athlètes de la Côte-Nord le jour de transition entre le 1er bloc et le 2e. «Nous avons aussi Patrick Gagné sur l’équipe nationale de judo et à deux doigts d’aller aux Jeux olympiques.»

«Le triathlète Charles Paquette, aurait pu venir gagner l’or à Longueuil, mais il est déjà rendu de niveau canadien. L’attachement de chacun à notre région ne se dément pas. Samuel Murray et Michèle Morissette, de Baie-Comeau, deux participants aux récents Mondiaux de racquetball, se sont installés à Brossard et Longueuil pour joindre l’équipe nationale, mais dans leur cœur, ils représentent toujours Baie-Comeau. Certains de nos missionnaires natifs de la Côte Nord, habitent maintenant la banlieue de Montréal, mais continuent de guider nos jeunes aux Jeux. Ils sont de chez nous pour toujours», assure Philippe.

 

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