Tragédie à Valcartier: les victimes devront être indemnisées

Tragédie à Valcartier: les victimes devront être indemnisées
Une photo fournie par Pierre Beaudry

C’était il y a 41 ans. Le 30 juillet 1974, à la base militaire de Valcartier, une grenade verte explosait lors d’un camp d’été pour cadets. Aujourd’hui, le rapport de l’Ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes recommande «une indemnité financière immédiate et raisonnable» aux victimes de ce drame.

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La journée du 30 juillet 1974 était pluvieuse et les 136 cadets de la Compagnie D se trouvaient dans un baraquement plutôt qu’à l’extérieur pour un cours sur les explosifs à l’aide d’armes en démonstrations rendues inoffensives. Une des grenades était active. Bilan : six morts, 65 blessés, dont 62 cadets.

Dans les années qui ont suivi le drame, plusieurs cadets devenus adultes ont reproché aux Forces armées canadiennes de garder le silence sur les événements et d’ignorer les traumatismes engendrés par l’accident – en 1974, on ignore ce qu’est le stress post-traumatique.

«Au printemps 2013, notre Bureau a reçu des dizaines de plaintes reliées à ces événements. Les problèmes incontestables et les différences alléguées dans le traitement et les indemnités reçus par les personnes touchées ont poussé notre Bureau à demander au Ministre l’autorisation de lancer une enquête», est-il mentionné dans le rapport de l’Ombudsman de la Défense nationale et des Forces canadiennes.

Le rapport sorti aujourd’hui recommande donc une évaluation physique et psychologique à toutes les personnes qui «affirment avoir subi des effets négatifs ou permanents à la suite de l’incident». Par la suite, il est recommandé que le ministère accorde à ces personnes «une indemnité financière immédiate et raisonnable qui cadre avec la jurisprudence dans des situations similaires».

Charles Gutta était en fonction comme adjudant maître de la Compagnie D du Camp des cadets à la Base Valcartier. «J’ai gardé de très mauvais souvenirs. J’étais dans mon bureau. On se préparait à expulser un cadet avec le capitaine Clément Boisvert», se souvient-il. Vers 14h17, il a entendu une détonation. «Je me suis dirigé à l’intérieur de la salle de lecture, raconte M. Gutta. Il y avait de la fumée. Les cadets me faisaient face ensanglantés.»

Le ministre de la Défense nationale, Jason Kenney, a transmis un communiqué de presse aux médias à la suite du dépôt du rapport. Il mentionne: «Je regrette qu’il ait fallu 41 ans pour en reconnaître officiellement les effets et pour nous pencher franchement sur eux, et j’espère que les mesures que nous prenons maintenant dans la foulée des recommandations de l’ombudsman procureront un certain réconfort aux victimes et aux familles concernées.»

 

 

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Québec Hebdo

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