Dépôt du projet de loi sur les commissions scolaires

Dépôt du projet de loi sur les commissions scolaires

ÉDUCATION. Après plus d’une année de réflexion, le gouvernement a finalement attendu le tout dernier jour de la session parlementaire pour déposer son projet de loi visant à réorganiser la gouvernance du réseau scolaire.

Le projet de loi 86, déposé vendredi par le ministre de l’Éducation, François Blais (photo), reconfigure les rôles de chacun dans le réseau, en augmentant le pouvoir de contrôle du ministre.

Si le projet de loi est adopté, le ministre pourra serrer la vis aux commissions scolaires, émettre des directives à leur endroit, forcer l’adoption de cibles et d’orientations, voire destituer des gestionnaires. «On ajoute des pouvoirs en termes de gestion budgétaire», a résumé le ministre, en conférence de presse.

Après avoir tergiversé sur l’abolition ou la réduction du nombre de commissions scolaires, Québec a donc renoncé à aller en ce sens, mais le projet de loi prévoit qu’elles seront invitées à fusionner ou à tout le moins à fusionner des services.

Comme prévu, Québec confirme son intention de mettre fin aux élections scolaires. Mais pas tout à fait: si 15% des parents de ce territoire se montrent intéressés, certains postes au sein des commissions scolaires pourraient toujours être pourvus grâce au suffrage universel, par voie électronique.

Le projet de loi vise surtout à transférer une partie du pouvoir des commissions scolaires aux directeurs d’écoles et aux parents.

Dans ce but, l’actuel conseil des commissaires sera remplacé par un conseil scolaire, formé de 16 personnes (dont six parents, des directeurs d’école, des membres du personnel et des membres de la communauté). Les parents gagnent le droit de voter sur les décisions à prendre.

Chaque commission scolaire devra aussi mettre sur pied un comité de répartition des ressources, composé notamment de directeurs d’écoles et chargé de proposer au conseil scolaire comment répartir les ressources financières allouées à chaque école.

Certaines enveloppes budgétaires (dont l’importance n’est pas indiquée) devront être transférées directement aux écoles, qui pourront définir leur propre «projet scolaire».

«À mon avis, parmi les grands gagnants de ce projet, c’est les directions d’écoles. On leur reconnaît un leadership extrêmement important», a soutenu le ministre Blais.

«Jamais un gouvernement n’a donné autant d’importance à l’école. Jamais un gouvernement n’a remis les dirigeants, les enseignants, les parents au centre de la décision», a commenté de son côté le premier ministre Philippe Couillard, durant sa conférence de presse traçant le bilan de la session parlementaire.

La Fédération des commissions scolaires est plutôt d’avis que le réseau est en train de perdre un contrepoids au pouvoir politique, avec la prise de contrôle de ce palier intermédiaire de gestion des écoles. Le ministre, bientôt omnipotent, deviendra «l’oeil de Dieu» du réseau, déplore Josée Bouchard.

Elle dit craindre aussi qu’un accroissement des pouvoirs octroyés aux écoles entraîne des disparités entre elles et une perte d’équité.

Source:La Presse Canadienne

Partager cet article