La réalité dans l’œil de Simon Emond

La réalité dans l’œil de Simon Emond

Simon Emond est bien conscient que ses photos diffèrent de celles que le public est habitué de voir dans les médias, au quotidien. (Photo Trium Médias – Guillaume Pétrin)

À l’ère des réseaux sociaux, le culte de la perfection et de l’image parfaite, revue et corrigée, occupe de plus en plus l’espace médiatique.

C’est dans un souci de montrer la réalité telle qu’elle est, que le photographe Simon Emond, natif d’Hébertville, expose présentement ses photos, à l’entrée de la Maison Gourmande, de Dolbeau-Mistassini.

«Mon but avec cette exposition est d’aller à contre-courant des réseaux sociaux comme Instagram, qui cultive le culte de la perfection.»

Accessible

Choisir le corridor d’entrée du commerce comme endroit pour exposer ses photos fait partie de sa démarche artistique.

«Je veux rendre l’art accessible. Sortir l’art des centres d’exposition pour que Monsieur et Madame Tout-le-monde puissent y avoir accès.»

Mission réussie, car la surprise est bien réelle lorsque l’on voit ces multiples visages, tous différents et uniques. On ne s’attend pas à voir ce type de portraits en allant chercher son pain frais.

Impossible de ne pas croiser le regard des modèles exposés sur de larges photos en noir et blanc.

La jeune Emma, trois ans, au moment de la séance photo. (Photo Trium Médias – Guillaume Pétrin)

Des modèles locaux

Ses modèles, des gens croisés au hasard dans la rue. Ils ont tous un point en commun, un visage atypique et authentique.

Certains avec une paralysie faciale, d’autres qui ne respectent pas les standard établis par le monde de la mode, un autre montrant même, le vrai visage de la trisomie 21.

Tel est le cas pour la photo de la jeune Emma, trois ans, fille adoptive de la chanteuse dolmissoise bien connue, Jeanick Fournier.

Bon accueil

Bien conscient qu’il offre une réalité présentant des visages fragiles, vulnérables et authentiques, l’artiste apprécie que les gens reçoivent bien son exposition.

«Au départ, je pensais que les gens n’aimeraient pas ça. Finalement, ils sont touchés et aiment l’exposition», s’étonne-t-il!

Il avoue aussi que, pour obtenir un tel résultat, les modèles choisis ont dû s’abandonner complètement, lors de la séance de photos.

«La séance photo est une rencontre très personnelle. Ils se mettent dans un état de vulnérabilité et c’est très intime comme processus.»

L’exposition Portrait prendra fin le 25 août prochain, et l’artiste travaille déjà sur un autre projet qui présentera la réalité vécue par des gens de la région et dont l’orientation sexuelle diffère.

Des visages authentiques, qui fascinent le jeune artiste-photographe. (Photo Trium Médias – Guillaume Pétrin)

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