Travailleurs étrangers : la pandémie cause tout un casse-tête

Serge Tremblay, journaliste de l'initiative de journalisme local
Travailleurs étrangers : la pandémie cause tout un casse-tête
Les Jardins Bioforestiers de Girardville comptent depuis plusieurs années sur des travailleurs étrangers pour les travaux aux champs. (Photo : courtoisie)

L’incertitude entourant la venue de travailleurs étrangers pour le milieu agricole cause un casse-tête à de nombreuses fermes. C’est le cas, entre autres, des Jardins Bioforestiers de Girardville, qui doivent nager en plein brouillard.

« Ça faisait plusieurs années que je n’avais pas eu besoin de chercher de la main-d’œuvre. On est dans l’incertitude à savoir si on pourra avoir des travailleurs étrangers et on ne les aura pas à temps, ça c’est certain. En plus, il faudra les garder confinés deux semaines », explique David Lespérance, des Jardins Bioforestiers.

Celui-ci était habitué à faire venir cinq travailleurs du Guatemala pour combler ses besoins sur la ferme maraîchère biologique qu’il exploite à Girardville. Pour le moment, tout est bloqué et aucune information ne filtre.

« Je ne sais pas s’ils vont venir et je ne peux pas promettre du travail si j’engage des gens localement. C’est là qu’est mon casse-tête. »

Le bon côté, c’est que d’être situé en milieu nordique fait en sorte que la saison démarre plus tard. Cela lui laisse un peu plus de marge de manœuvre en termes de temps.

« Je m’attends peut-être à en avoir en juin, mais c’est juste une supposition. Si je ne trouve pas, je vais devoir faire du 100h par semaine. Mais je plains surtout les grosses fermes qui ont besoin de plus de main-d’œuvre. Les petites fermes, le problème peut toujours se gérer, car on finit toujours par trouver un peu de monde. »

Aide gouvernementale

Le gouvernement du Québec a annoncé un programme pour favoriser l’embauche de travailleurs québécois dans les champs. Un employé pourrait ainsi toucher 200 $ de plus que le salaire minimum par semaine.

« Je ne sens pas que ça a un gros impact. Le problème avec les travailleurs québécois, c’est qu’ils peuvent toujours partir après quelques jours, car ce n’est pas compliqué pour eux. Les Guatémaltèques, tu leur payes l’avion, tu les nourris et tu les loges, mais ils sont toujours là et prêts à travailler. »

Et lorsqu’un travailleur local quitte en pleine saison, difficile de le remplacer puisque les candidats potentiels sont déjà en emploi ailleurs dans bien des cas.

Marché

Difficile aussi de prévoir comment se déroulera la saison. David Lespérance s’attend à voir beaucoup de producteurs se tourner vers des légumes qui demandent moins de manipulation et donc moins de main-d’œuvre pour compenser.

« Les producteurs iront probablement davantage vers les légumes qui peuvent être récoltés de façon mécanique, car la récolte à la main sera plus difficile étant donné le manque de travailleurs. Il faudra voir aussi comment ça va se passer aux États-Unis, surtout en Californie, car ils ont un gros impact sur le marché. »

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