Luc Simard réclame l’octroi de nouveaux projets d’énergie communautaire

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Par Serge Tremblay
Luc Simard réclame l’octroi de nouveaux projets d’énergie communautaire
Minicentrale 11e chute (Photo : courtoisie - Société de l'énergie communautaire du Lac-Saint-Jean)

La MRC de Maria-Chapdelaine a d’autres projets de minicentrale hydroélectrique dans ses cartons et en fait la promotion sur toutes les tribunes. Le préfet Luc Simard était d’ailleurs dans le Témiscamingue récemment où il était invité à présenter le modèle mis en place chez nous.

Il y a fait la présentation de la structure dont s’est dotée la MRC dans la gestion des différents fonds qui découlent de l’exploitation des minicentrales. Luc Simard était accompagné du Chef Clifford Moar et d’Alain Nepton de la Société de l’énergie communautaire du Lac-Saint-Jean.

La MRC de Témiscamingue a un projet d’énergie communautaire dans sa mire et a été grandement impressionnée par la façon dont les sommes sont réparties dans le modèle mis en place dans le haut du lac, dit-il.

« Nous, ce n’est pas compliqué, on veut que le gouvernement ouvre d’autres projets d’énergie communautaire. Ces revenus-là nous permettent de nous développer. La MRC vient de se doter d’un plan stratégique ambitieux et on peut être ambitieux parce que ces projets-là nous donnent les moyens de l’être », fait valoir le préfet.

Le préfet Luc Simard ne manque pas une occasion de faire la promotion des projets d’énergie communautaire. Il était récemment de passage dans la MRC de Témiscamingue en compagnie du Chef Clifford Moar et d’Alain Nepton afin d’y présenter le modèle en place chez nous.

Projets structurants

Luc Simard rappelle que la MRC a été en mesure de contribuer dans des projets structurants majeurs comme la P-49, le Complexe Aquagym ou encore le projet du Musée Louis-Hémon encore en développement à Péribonka grâce aux revenus des barrages. Quelque 4,5 M$ seront potentiellement injectés sur des investissements totaux de 28,6 M$.

« C’est un effet de levier incroyable pour aller chercher des sous. Sans cet argent, on n’aurait tout simplement pas été capable d’aller de l’avant avec des projets comme la P-49. Dans un contexte où nous n’avons pas des centrales de Rio Tinto comme dans d’autres communautés de la région, c’est majeur pour nous. »

Site identifié

Sans vouloir dévoiler l’endroit en question, Luc Simard affirme qu’au moins un site a été identifié comme ayant le potentiel d’accueillir une minicentrale. Il estime qu’obtenir l’acceptabilité sociale requise ne sera pas difficile.

On se souviendra pourtant que les projets de Val-Jalbert et de la 11e chute de la rivière Mistassini avaient fait l’objet d’une opposition de plusieurs citoyens et groupes environnementaux.

« Oui, il y avait eu de l’opposition, mais aujourd’hui ces sites font consensus et plus personne ne parle de la minicentrale de Val-Jalbert. La chute est aussi belle qu’elle l’a toujours été et on a une belle intégration. Je pense qu’on a fait la démonstration que l’on est en mesure de bien faire les choses et on n’ira pas non plus dans un territoire comme la rivière Ashuapmushuan où on retrouve de la ouananiche. »

Surplus énergétiques

Quant à l’argument des surplus énergétiques, Hydro-Québec a fait savoir récemment qu’elle sera en mesure de répondre aux besoins jusqu’à un horizon de 2026 avec ses approvisionnements actuels.

« On parle d’électrification des transports et de transition énergétique alors l’argument des surplus énergétiques est à courte vue. On aura besoin de cette énergie et c’est l’énergie propre pour laquelle on est capable d’aller chercher une acceptabilité sociale réelle. L’hydroélectricité est notre plus belle richesse et il faut en profiter. »

Pour l’instant, il n’y a pas de signaux selon lesquels le gouvernement pourrait lancer de nouveaux appels de projets d’énergie communautaire.

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Jean-Yves Nadeau
Jean-Yves Nadeau
1 année

Pourquoi encore détruire d’autres paysages exceptionnels ?

Déjà qu’Hydro-Québec déverse chaque année les surplus par ses déversoirs, et que ses revenus baissent en chute libre, sans parler de la compétition à venir avec le coût compétitif des panneaux solaires… Hydro-Québec réduit ses profits en achetant de l’électricité des mini-centrales à un prix 4 fois plus élevé que le prix de revente actuel de 3.5 cents aux USA. On fait un barrage hydroélectrique quand on a besoin d’électricité, autrement c’est de la subvention éternelle déguisée payée à même nos tarifs d’électricité, tout ça en continuant de détruire des sites exceptionnels.
https://www.journaldequebec.com/2019/11/15/les-profits-continuent-de-chuter-chez-hydro-quebec

L’électrification des transports n’apportera pas une consommation énorme, soit l’équivalent de 400 MW environ. C’est autour de 1% de la capacité installée. Y’a pas de quoi partir en peur.

C’est le temps de protéger les sites exceptionnels tel que promis par la MRC lors de ses consultations publiques en 2002.

Vous avez pris Val-Jalbert par la force, parce que malgré 75% des mémoires CONTRE et plus des 2/3 de la population qui s’opposait, vous avez enfoncé le projet dans la gorge des citoyens.
Pour ceux qui disent que la chute n’a pas changée, je les invite à aller marcher les sentiers l’hiver, il n’y passe pas une goutte d’eau apparente. Pas plus que l’été, si vous séjournez sur le site, en-dehors des heures d’ouverture, à part un magnifique filet d’eau de 0.3 mètres-cubes en plein centre de la chute.

C’est ce que j’appelle du développement sauvage. C’est de toute beauté votre modèle. Bravo.

JF Robert
JF Robert
1 année

La supercherie érigée en système. Pour une région qui revendique sans cesse plus d’autonomie, se complaire dans la dépendance à ce point tient de l’aveuglement volontaire le plus extrémiste. Les deux mini-centrales actuelles vendent leur électricité à HQ au moins 3 x le prix de revient moyen de l’électricité issue du parc d’équipement actuel. HQ est contente d’obtenir 4 à 5 cents /kwh pour l’électricité LIVRÉE à des réseaux voisins. Et M. Simard appelle ça « un modèle » . Ça coûterait moins cher au gouvernement de financer directement les projets des MRC à même le fonds consolidé (où vont les profits d’HQ). Ce serait légitime pour une région dont le bassin hydrographique supporte déjà au-delà de 3000 MW de puissance installée. Val Jalbert et la Onzième chute = 40 MW grosso. (À vérifier : Le re-profilage actuellement en cours des turbines en opération sur les grands barrages produirait plus que l’ensemble des minis.) Plutôt que de voir nos élus continuer de ramper à reculons, je voudrais qu’ils assument pleinement leur responsabilité politique qui consiste à aller chercher une juste rétribution pour le modèle qui a toujours prévalu ici, caractérisé essentiellement par l’extraction des ressources, et dont il faut sortir ?

Jean-Yves Nadeau
Jean-Yves Nadeau
1 année
Répondre à  JF Robert

Bon point. Le re-profilage des turbines sur les grands barrages est déjà en train de se faire chez Rio Tinto. Le coût est minime par rapport aux retombées.

JF Robert
JF Robert
1 année

« Je pense qu’on a fait la démonstration que l’on est en mesure de bien faire les choses et on n’ira pas non plus dans un territoire comme la rivière Ashuapmushuan où on retrouve de la ouananiche. » M. Simard ne semble pas au courant qu’il y a aussi de la ouananiche dans la Mistassini…

Jean-Yves Nadeau
Jean-Yves Nadeau
1 année
Répondre à  JF Robert

C’est pourquoi ils ont pu faire la centrale de la 11ième chute et Val-Jalbert, car dans les 2 cas, ils sont des murs infranchissables pour la ouananiche (quoique discutable pour la 11ième ….)… du moins, avant la construction du barrage actuel. Mais oui, le projet que le préfet convoite sous le nouveau pont de Dolbeau impacterait directement la Ouananiche !

JF Robert
JF Robert
1 année
Répondre à  Jean-Yves Nadeau

Dans le cas de la 11eme chute…et de la Mistassini : ce qui se passe en amont, même si la ouananiche n’y a pas accès , peut avoir des conséquences sur l’aval ???

JF Robert
JF Robert
1 année

Éric Martel, Président HQ « Je vous rappelle que, l’été dernier, on a déversé 10 TWh et ça, pour nous, chez Hydro-Québec, c’est un SACRILÈGE, de ne pas réussir à monnayer de l’eau qui passe dans nos turbines. Alors, force est d’admettre que la cause de ça, c’est qu’on n’a pas suffisamment d’interconnexions avec nos pays voisins. » On se débarrasse d’eau qui nous permet de produire à 3 cents le kwh pendant qu’on est obligés d’en acheter à près de 10 cents des mini-centrales dont le pic de production coïncide avec le temps de l’année où nous en avons le moins besoin.