Les camionneurs indépendants à bout de souffle

Les camionneurs indépendants à bout de souffle

Camion de bois

Les transporteurs forestiers indépendants affiliés à l’Association nationale des camionneurs artisans inc. (ANCAI) sont à bout de souffle et n’arrivent tout simplement plus à faire leurs frais.

« Ça fait quatre ans que l’on prévient les industriels de la situation. Ils sont prêts à discuter d’enjeux provinciaux avec nous comme les assurances, la pénurie de main-d’œuvre ou la taxe d’accise sur l’essence, mais concrètement, pour le seuil de rentabilité des camionneurs, rien! », déplore Gaétan Légaré, directeur général de l’ANCAI.

Au Lac-Saint-Jean, autour de 150 camions sont concernés. Dans la plupart des cas, il s’agit d’un travailleur autonome qui possède son camion et qui a un contrat de transport avec un industriel forestier pour transporter le bois de la forêt jusqu’à la scierie.

Tarifs

Les tarifs offerts ne sont tout simplement plus suffisants pour permettre aux camionneurs d’en faire leur gagne-pain, soutient l’ANCAI.

« Nous avions fait réaliser une étude économique où on démontre qu’à l’heure actuelle, les tarifs sont 20 % trop bas. Avec une plus grande entreprise, tu peux peut-être absorber les coûts temporairement, mais quand c’est une perte nette année après année et que tu es un petit joueur, tu ne peux simplement pas continuer. »

La situation est telle, ajoute Gaétan Légaré, que les partenaires d’affaires des camionneurs indépendants sont devenus frileux.

« Il y a des fournisseurs de pièces pour l’entretien des véhicules qui demandent d’être payés cash, car ils ont peur de ne pas être payés! »

Aller voir ailleurs

Dans la situation actuelle, Gaétan Légaré croit que les camionneurs indépendants vont simplement devoir quitter la forêt pour se rabattre sur un autre type de transport.

« Des chauffeurs qualifiés, il en manque partout. Un moment donné, les gars vont se revirer de bord et vont aller transporter là où il y a un seuil de rentabilité. »

En attendant, les membres de l’ANCAI avaient décidé de cesser le transport jeudi et vendredi dernier en guise de moyen de pression. D’autres périodes d’arrêt pourraient être envisagées si rien ne change.

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