Territoire de trappe : un western nordique signé par deux Dolmissois

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Par Serge Tremblay
Territoire de trappe : un western nordique signé par deux Dolmissois
Sébastien Gagnon et Michel Lemieux, de Dolbeau-Mistassini, publient leur premier projet collaboratif, Territoire de trappe. (Photo : courtoisie)

Et si le territoire québécois prenait des petits airs d’Ouest américain? C’est ce que les auteurs dolmissois Sébastien Gagnon et Michel Lemieux explorent dans leur premier projet commun, Territoire de trappe, un « western nordique ».

Le roman s’ouvre, dans sa toute première ligne, sur une perdrix blanche décapitée, une scène qui donne le ton pour cette histoire qui ne fait pas dans la dentelle. Les personnages ne sont pas ce que l’on pourrait qualifier de « propres » et la violence est décrite sans détour et avec force.

« C’est inspiré des Westerns Spaghettis. On a appelé ça un Nordestern, ou western nordique. À l’image de l’Ouest américain, on a nous aussi ce grand territoire sauvage et hostile. On n’a qu’à changer le cowboy pour le trappeur, le coyote par le loup et le désert par le froid », image Michel Lemieux.

Ancrée tout juste avant la première guerre mondiale, au début du siècle dernier, l’histoire se déroule à la fin d’une époque pour les trappeurs et coureurs des bois. L’action se situe dans un petit hameau le long de la rivière Platte, un affluent fictif de la rivière Mistassini.

Vendetta, pacte avec le diable, désespoir, l’atmosphère est sombre et les auteurs ont fait le choix délibéré d’utiliser un registre de langage plus populaire et près du terroir afin de bien transmettre l’ambiance.

« J’ai fait beaucoup de recherches pour bien décrire l’époque. L’histoire est fictive, mais l’arrière-plan est réel. On sent entre autres la forte emprise de la religion catholique sur cette époque », précise Sébastien Gagnon.

« C’est un peu comme si le roman Maria Chapdelaine était réalisé par Quentin Tarantino! », ajoute Michel Lemieux.

Écrire à deux

Amis de longue date, les deux auteurs ont amorcé ce projet, il y a déjà un bout de temps. Une approche collaborative qui a permis de combiner les aptitudes de chacun.

« On aime tous les deux écrire et on a des forces complémentaires. J’ai écrit l’histoire dans un premier jet, sans faire attention à l’écriture ou au français. Ensuite, Sébastien a retravaillé et peaufiné ce que j’avais écrit », explique Michel Lemieux.

« Ce que j’ai reçu était brut, mais tout était là, renchérit Sébastien Gagnon. Moi, je change l’angle ou l’éclairage que l’on met sur certaines situations. »

Territoire de trappe est publié aux éditions Triptyque, dans la collection Satellite. Les deux comparses ont un autre projet en chantier qu’ils aimeraient bien pouvoir éventuellement publier.

Sur le plan individuel, Michel Lemieux a publié des nouvelles dans un recueil dédié à l’univers de l’auteur H.P. Lovecraft. Sébastien Gagnon a pour sa part vu son roman Je ne suis pas une outarde, paraître chez Bayard Canada.

Sébastien Gagnon est également récipiendaire d’une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec afin de pouvoir diminuer ses heures de travail et se consacrer à l’écriture d’un projet jeunesse.

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