Urgent besoin de familles d’accueil dans le Haut-du-Lac

Annie-Claude Brisson journaliste de l'Initiative de journalisme local
Urgent besoin de familles d’accueil dans le Haut-du-Lac

Les besoins de familles d’accueil pour les enfants et les adultes sont plus que criants dans le Haut-du-Lac. Malgré un continuel recrutement à travers la région, le Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux (CIUSSS) du Saguenay–Lac-Saint-Jean doit maximiser ses efforts afin de dénicher de nouveaux milieux de vie dans les secteurs de Dolbeau-Mistassini, Roberval, Mashteuiatsh et Chibougamau. L’ajout d’une dizaine de nouvelles familles d’accueil à la banque existante permettrait de calmer l’urgence.

La marge de manœuvre est inexistante, en ce moment, alors que le placement d’un mineur dans certains secteurs du Lac-Saint-Jean obligerait le déracinement de celui-ci.

L’intervenante de liaison à l’hébergement RI-RTF, Catherine Fortin, explique qu’un enfant de Roberval qui devrait être retiré de sa famille et placé dans une autre pourrait se retrouver au Saguenay, faute de familles d’accueil disponibles dans cette portion du Lac-Saint-Jean.

« Il y a un enjeu pour les parents qui doivent avoir accès aux enfants, pour les intervenants qui doivent se déplacer pour rencontrer les jeunes et les familles d’accueil. Les enjeux sont grands lorsqu’on déracine un enfant de son milieu. Il change d’école ou de garderie, il perd ses amis », expose le chef de service en hébergement RI-RTF, Richard Morin.

Le processus pour devenir famille d’accueil s’adresse autant aux personnes seules, aux couples de même sexe, aux familles qu’aux couples hétérosexuels. M. Morin mentionne que de jeunes retraités dans la cinquantaine pourraient même se lancer dans un tel projet de vie.

« On souhaite avoir différents profils de famille d’accueil, pas juste le professionnel qui travaille et qui a tel type de valeurs. Nos jeunes proviennent de milieux qui ne sont pas faciles. Ce qui est important, ce sont les qualités des personnes et des familles. Il n’y a pas une formation qui met des personnes en avant de d’autres dans le processus », indique-t-il.

Outre un profond amour des enfants, les personnes intéressées à devenir familles d’accueil doivent notamment être en bonne santé et n’avoir aucun antécédent judiciaire. Elles doivent faire preuve de disponibilité et de collaboration.

« Il y a une évaluation rigoureuse qui se fait par des normes physiques et psychosociales. On va également demander des références que nous validerons. Il y a un processus très rigoureux parce que nous ne voulons pas confier les enfants à n’importe qui », mentionne M. Morin.

La collaboration est primordiale alors que les personnes sélectionnées devront conserver un certain contact avec les parents des enfants, en plus d’être en lien avec divers intervenants du réseau de la santé.

Une séance d’information et des mises en situation de groupe précèdent le processus de sélection, lequel s’étend sur quelques mois. Le délai de traitement dépend, entre autres, de la réception de divers documents nécessaires à la candidature. L’évaluation psychosociale et l’évaluation des normes physiques complètent la démarche.

L’acceptation ou le refus des candidats est ensuite déterminé par un comité de professionnels. Le processus de sélection peut être interrompu à tout moment.

Les personnes choisies accueilleront, de manière générale, une personne par année. « On place de façon progressive dans la ressource, de manière à permettre une acclimatation au nouveau rôle. À moins d’un cas extrême, on ne place pas trois enfants dans la même famille. Généralement, on y va progressivement pour que les gens s’adaptent à leur nouveau rôle », explique Richard Morin.

Mme Fortin ajoute qu’à l’image de l’arrivée d’un nouveau bébé, la période d’adaptation des nouvelles familles d’accueil s’échelonne sur plusieurs mois.

Un emploi en soi

Le choix de devenir famille d’accueil représente un emploi en soi. L’intervenante de liaison à l’hébergement RI-RTF, Catherine Fortin, explique que la flexibilité de l’horaire est impérative.

« Les gens peuvent travailler, mais ils doivent avoir des horaires adaptables. Il y a tous les rendez-vous médicaux qui sont obligatoires et les démarches au tribunal. La famille d’accueil devient un travail principal », explique-t-elle.

« C’est le pendant d’une maman ou d’un papa qui a un enfant difficile, un enfant en difficulté. Ils auront plein de rendez-vous. Les familles d’accueil auront ces rendez-vous à faire avec les usagers. S’ils en ont trois avec ce profil, naturellement, c’est trois fois plus de rendez-vous », image Richard Morin.

Deux séances d’information pour les personnes désirant devenir famille d’accueil se tiendront le jeudi 13 février, de 11 h 15 à 12 h 15 et de 12 h 15 à 13 h 15, au Monastère des Augustines (salle M-1631), à l’hôpital de Roberval. Une autre séance d’information est également prévue le 27 février à Chibougamau.

UNE PROFESSION MIEUX RECONNUE

Les conditions des familles d’accueil ont grandement évolué, au Québec, au fil des années. Les personnes qui se lancent dans un tel projet de vie, qui n’a rien de comparable à d’autres emplois, sont maintenant représentées par une association en plus d’être syndiquées.

La rémunération s’est, elle aussi, améliorée au cours des dernières années. Sans minimiser l’ampleur de la tâche, le chef de service en hébergement RI-RTF, Richard Morin, mentionne que le fait d’accueillir et prendre soin d’usagers permet aux familles d’accueil, considérées comme des travailleurs autonomes, d’obtenir l’équivalent salarial d’un bon emploi.

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melissa ouimet
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melissa ouimet

j’aurais bien aimé aller mais je travaille