Un règlement sur l’entretien des cours d’eau irrite les agriculteurs

Un règlement sur l’entretien des cours d’eau irrite les agriculteurs
Le président de l’UPA Maria-Chapdelaine

AGRICULTURE. Un projet de règlement de la MRC de Maria-Chapdelaine sur l’entretien et l’aménagement des cours suscite du mécontentement chez les producteurs agricoles locaux. 

Un groupe d’agriculteurs comprenant notamment le président de l’UPA Maria-Chapdelaine, Étienne Barrette, et le président régional de l’UPA, Mario Théberge, se sont présentés à la séance ordinaire du conseil de la MRC de Maria-Chapdelaine afin de faire entendre leur voix.

Le projet de règlement prévoit notamment que les travaux demandés dans des cours d’eau, pour améliorer le drainage d’une terre par exemple, devront d’abord être justifiés par un rapport d’un agronome aux frais de l’agriculteur qui en fait la demande. Si le rapport est favorable, un avis professionnel sur la nature des travaux sera demandé.

Si des travaux sont mis à l’horaire, un dépôt de 1 000$ sera exigé pour couvrir les frais engagés par la MRC si l’agriculteur se désiste. Si les travaux sont menés à terme, le dépôt est remboursable et il y aura entente avec l’agriculteur pour le paiement de la facture à même le compte de taxes de ce dernier, comme c’était d’ailleurs déjà le cas avant ce règlement.

« C’est un règlement qui paraît fort simple, mais qui cache plusieurs subtilités. C’est un transfert des compétences de la MRC vers les producteurs agricoles, qui devront prouver que les travaux sont nécessaires à même leurs frais », a indiqué au micro Étienne Barrette.

Ce dernier demandait à la MRC de surseoir à l’adoption du règlement afin que l’on puisse tenir de nouvelles rencontres entre le milieu agricole, les élus et les fonctionnaires de la MRC dans le but d’établir une autre façon de faire.

« On ne dit pas qu’il n’y a pas place à changer le protocole de gestion des cours d’eau, mais on vous propose de ne pas adopter ce règlement ce soir et de prendre le temps de regarder la situation ensemble. Pour le monde agricole, ce règlement n’est pas très convenable », a-t-il ajouté.

Prévenir les abus

Le préfet Jean-Pierre Boivin et les maires de la MRC ont accepté de reporter l’adoption du règlement et d’entreprendre de nouvelles discussions avec les producteurs agricoles. Cependant, le préfet a été clair sur l’importance de mettre de l’avant un mécanisme pour éviter les demandes de travaux abusives.

« Nous ce que l’on veut, c’est avoir une justification des travaux, car le nombre de demandes est en croissance constante et on se doit d’éviter les abus. On peut reporter l’adoption du règlement et se rasseoir, mais on doit trouver une solution qui ne pénalisera pas ni les agriculteurs, ni la MRC non plus », a mentionné Jean-Pierre Boivin.

Par ailleurs, celui-ci réfute les allégations voulant qu’il s’agisse d’un transfert de compétence vers les agriculteurs et insiste sur le fait que la position de la MRC n’est pas à leur encontre. « Ce n’est pas être contre les agriculteurs que de vouloir freiner les demandes abusives », a soutenu le préfet.

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