Personnes marginalisées : Une approche différente pour les mettre au travail

Serge Tremblay
Personnes marginalisées : Une approche différente pour les mettre au travail

Les personnes marginalisées, qu’elles aient des problèmes de santé mentale, de consommation ou autres, peuvent-elles aussi contribuer au marché du travail si on leur en donne la chance avec le bon encadrement. C’est le défi auquel s’attaque Toxic-Actions, avec un tout nouveau programme de travail payé à la journée.

Le TAPAJ, travail alternatif payé à la journée, est un programme qui a donné des résultats probants dans la grande région de Montréal et en Europe. Il est pour une première fois importé en région par l’équipe de Toxic-Actions.

« Ce programme permet de donner une chance à des personnes marginalisées. Ces personnes peuvent avoir différents problèmes, mais elles ont aussi de bonnes journées où elles peuvent contribuer. Il leur faut le bon contexte, on ne peut pas les lancer dans un travail à temps plein. Même 20h par semaine est souvent encore trop », explique Christina Gagnon, directrice chez Toxic-Actions.

Gagner confiance

Pendant de courts plateaux de travail dument supervisés, les participants au TAPAJ ont l’opportunité de s’attaquer à du travail simple en échange d’une rémunération qui leur sera remise à la fin de la journée. C’est aussi une chance de reprendre un peu d’estime de soi en démontrant que l’on est capable de mener à bien un travail.

« Le projet contribue à rehausser l’acceptabilité des personnes marginalisées. Trop souvent, ces personnes vont obtenir un travail, mais ils ne seront pas capables de le maintenir et vont vivre d’échec en échec, ce qui contribuera ensuite à augmenter leur stigmatisation auprès des employeurs. Il faut commencer tranquillement », explique Annick Duchesne, intervenante responsable du TAPAJ.

Le programme a débuté au cours des dernières semaines avec de premiers plateaux de travail. Ceux-ci se sont déroulés dans d’autres organismes du milieu communautaire et ont consisté à des tâches simples, mais très utiles pour les organisations.

À titre d’exemple, les participants ont fait de l’ensachage, du tri de billets et du transport de boîtes et de denrées.

Privé

Pour le moment, le programme se limite aux organismes du réseau communautaire, mais l’équipe de Toxic-Actions souhaite l’élargir à l’entreprise privée. Dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre, il y a potentiellement des tonnes de tâches simples que les entrepreneurs laissent de côté pour se concentrer sur l’essentiel.

D’autant plus que le service est essentiellement clé en main. L’intervenante responsable se déplace avec les participants pour les superviser, question d’éviter que l’organisme ou l’entreprise ait à gérer le tout.

« Pour pérenniser le projet, on aura besoin de travailler avec le privé. On croit que les entreprises seront intéressées et ont des besoins. D’ailleurs, nous ferons des démarches, mais elles peuvent aussi nous contacter », de conclure Christina Gagnon.

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