Pénurie d’éducatrices: un problème lourd de conséquences

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Par Yohann Harvey Simard
Pénurie d’éducatrices: un problème lourd de conséquences
Le manque de places en garderie prive les enfants de la stabilité dont ils ont tant besoin à leur âge. (Photo : Pixabay)

Les élus régionaux et les intervenants des différents types de service de garde sont bien au fait du manque criant de places en garderie . Cependant, malgré leurs efforts, ils se retrouvent les mains liées devant ce problème particulièrement complexe.

C’est qu’il s’agit d’un problème double. D’un côté, on souhaiterait que plus de places soient subventionnées, mais de l’autre, il y a un manque d’éducatrices.

« Il y a déjà à peu près 200 à 250 de places qu’on pourrait donner en milieu familial, mais on manque de candidats », déplore Aline Vaillancourt, directrice générale du CPE BC La Bambinerie à Alma. Selon elle, environ 50 éducatrices supplémentaires seraient nécessaires à l’ouverture de ces places dans la MRC de Lac-Saint-Jean-Est.

On constate le même problème dans les MRC de Domaine-du-Roy et de Maria-Chapdelaine. Jusqu’à 60 et 72 places pourraient être ouvertes demain matin si ce n’était pas de l’absence de candidatures, soutiennent Nathalie Julien, directrice adjointe du CPE BC Les Amis de la Culbute à Roberval et Serge Boily, directeur adjoint du CPE BC Croque la vie à Normandin.

Nathalie Julien précise que c’est relativement aux places poupons que les besoins sont les plus urgents.

Les fermetures se multiplient

Seulement en 2020, dix services de garde en milieu familial ont fermé leurs portes dans Domaine-du-Roy, selon Stéphane Gagnon, attaché politique de la députée Nancy Guillemette.

Pour son secteur, Serge Boily résume en disant « qu’il y a plus de fermetures qu’on est capable d’ouvrir des services de garde ».

Elle-même éducatrice, Dawn O’Bomsawin a pu constater que les salaires trop bas jumelés aux conditions de travail difficiles étaient souvent responsables du départ de ses collègues.

« Quand ce n’est pas une passion pour toi comme ce l’est pour moi, si t’as le choix d’aller travailler ailleurs, tu y vas. Faire plus de places, ça ne sert à rien tant que le gouvernement ne fera pas aussi des cadeaux aux éducatrices », estime-t-elle.

Quoi faire?

Stéphane Gagnon signale que plusieurs campagnes visant à valoriser le métier d’éducateur ont été menées, mais n’ont eu que des résultats mitigés.

« On a vraiment tout essayé, mais des responsables de milieux familiaux, on n’est pas capable d’en recruter. »

On souhaite notamment que le gouvernement finance davantage les CPE, ce qui permettrait des agrandissements et donc l’augmentation de leurs places.

On demande également au gouvernement qu’il facilite la mise en place d’un système de coopérative permettant aux éducatrices de travailler à partir de locaux prêtés par les municipalités.

 

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