Lutherie : un art à part entière

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Par Serge Tremblay
Lutherie : un art à part entière
Patrick Girard travaille actuellement un projet de boukouzi. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Être luthier, c’est être artiste. Du choix du bois en passant par le coup de ciseau, la préparation du vernis et la confection de la forme du gabarit, tout est un art.

« La première étape, c’est le choix du bois. Le bois que tu utilises va avoir une influence importante sur l’instrument. J’aime bien expérimenter de ce côté et voir ce que ça va me donner », explique Patrick Girard.

À titre d’exemple, l’une des guitares qu’il s’est fabriquées pour usage personnel est faite de wengé, un bois provenant d’Afrique. Ce bois donne à cet instrument un son plus lourd que ce à quoi l’on est habitué.

Après avoir choisi l’essence de bois qu’il utilisera, le luthier doit décider de la forme de l’instrument.

« Il faut créer un gabarit et un modèle en conséquence. On peut ensuite commencer le moulage de la caisse. Il faut chauffer le bois pour le plier et c’est là que l’on entend souvent <@Ri>crack!<@$p> et qu’il faut recommencer. »

Autre étape importante, le vernissage, qui donnera le coup d’œil voulu à l’instrument. Patrick Girard fabrique lui-même ses propres vernis, qui peuvent être à base d’huile ou d’alcool.

« L’alcool est plus simple et moins dangereux, car il n’y a pas un chauffage potentiellement dangereux comme avec l’huile. Par contre, un vernis à base d’alcool va demander de 20 à 30 couches alors qu’à l’huile, 3 à 4 couches suffiront. Selon moi, un vernis à l’huile donne un plus beau rendu, mais c’est aussi plus difficile. »

À travers toutes ces étapes, le luthier aura évidemment à sculpter, polir et travailler le bois de différentes façons.

Même s’il a appris le métier entièrement à la main, Patrick Girard y ajoute aujourd’hui une touche de modernité.

« Mon emploi chez Ébénisterie PTM m’a permis d’avoir une autre vision du travail. En ébénisterie, on est en mode production, il faut que ça avance. Ça m’a permis de voir certaines étapes en lutherie où je peux sauver du temps. »

Plus belle réalisation

Interrogé sur sa réalisation dont il est le plus fier, Patrick Girard estime qu’il s’agit d’une guitare électrique qu’il avait fabriquée pour un oncle sur les bases d’un modèle Les Paul.

« J’étais très fier du résultat. Mon oncle est décédé depuis et je ne sais pas où est rendue cette guitare. Je laisse toujours mon nom dans mes créations, alors peut-être qu’un jour son propriétaire me fera signe! »

 

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