L’essoufflement continue de gagner les producteurs

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Par Serge Tremblay
L’essoufflement continue de gagner les producteurs
Plusieurs fermes laitières sont en démantèlement dans le haut du lac. (Photo : Trium Médias - Louis Potvin)

Plusieurs fermes laitières seraient en cours de démantèlement au Lac-Saint-Jean. L’absence de relève, la rareté de la main-d’œuvre et l’essoufflement général des producteurs sont en cause.
Dans la MRC voisine du Domaine-du-Roy, au moins trois producteurs laitiers sont en cours de démantèlement ou sur le point d’entreprendre le processus.
Dans Maria-Chapdelaine, le cas de Bruno Fortin de Normandin, qui a décidé de se retirer avant d’y laisser sa santé physique et mentale, a été amplement médiatisé. Un autre agriculteur de Normandin serait lui aussi sur le point de mettre fin à ses activités, mais il n’a pas été possible de le joindre.
Le président de l’UPA Maria-Chapdelaine, Étienne Barrette, a lui aussi eu vent de cette situation.
« Dans le lait, c’est un peu comme s’il y avait plusieurs paliers d’essoufflement et que les producteurs tombent tranquillement. Dans plusieurs cas, c’est aussi la relève qui se fait rare et le prix du lait n’est pas terrible, alors ça mine le moral. Et puis être producteur laitier, il faut le dire, c’est assez difficile. »
Pour sa part, Étienne Barrette ne croit pas que la brèche ouverte dans la gestion de l’offre dans l’Accord États-Unis-Mexique-Canada (AEUMC) soit une cause majeure.
« Je ne crois pas que ça joue tant que ça. La brèche a davantage désabusé les producteurs envers les décideurs politiques et a créé une perte de confiance. »

Étienne Barrette, président du Syndicat de l’UPA Maria-Chapdelaine.

Modèle
De son point de vue, les difficultés vécues par les producteurs laitiers, et le monde agricole en général, sont davantage liées au modèle de la ferme familiale qui doit lutter pour sa survie.
« J’ai envie de dire, malheureusement, que c’est le modèle de la ferme familiale qui s’effondre au profit du modèle plus industrialisé. Se tailler une place dans un monde où il y a de très gros joueurs avec beaucoup de moyens, alors que toi tu dois être là au jour le jour, ça demande beaucoup de courage de la part des producteurs. »
À cet égard, la production laitière est un secteur qui demande des investissements constants, rappelle Étienne Barrette, ce qui pèse sur les perspectives de rentabilité.
Selon les données obtenues, douze producteurs ont cessé leurs activités en 2018 dans la région. Depuis 2010, c’est 61 agriculteurs qui ont abandonné la production laitière. Leur nombre est passé de 346 à 285.
 

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