Les producteurs perdent leur unique transporteur

Julien B. Gauthier, journaliste de l'Initiative de journalisme local
Les producteurs perdent leur unique transporteur
Chaque deux semaines, environ 150 chèvres et agneaux quittent la région pour les abattoirs ou pour être vendues à l’encan. (Photo : Serge Tremblay - Archives)

La vingtaine de producteurs d’agneaux et de chèvres de la région devront faire preuve de créativité d’ici le 31 mars. En effet, ils perdront leur seul transporteur vers les abattoirs, qui se situent tous hors de la région.

Depuis une dizaine d’années, il n’y plus d’abattoir ovin au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les producteurs doivent donc se tourner vers des salles situées à l’extérieur de la région, ou encore effectuer le transport eux-mêmes.

« Le gros problème, c’est qu’on avait un bon transporteur d’agneaux et de chèvres qui nous offrait le service depuis longtemps. Or, il nous a avisés en décembre que le 31 mars, il arrêterait de l’offrir. Je nous trouvais chanceux d’avoir ce service-là, mais je savais que si jamais il cessait ses activités, ce serait compliqué », explique Dany Larouche, président du syndicat des éleveurs d’ovins du Saguenay-Lac-Saint-Jean.

Solutions

« On avait un transport régulier toutes les deux semaines vers Lévis, Terrebonne et à l’encan de Saint-Hyacinthe. Le défi, ce sera de trouver une personne qui va être capable de faire sa tournée des fermes la fin de semaine pour que les animaux arrivent le lundi aux abattoirs », ajoute-t-il.

Actuellement, les producteurs ovins communiquent entre eux par le biais d’une page Facebook afin de trouver des alternatives. D’ici là, quelques pistes de solution sont envisagées, notamment d’effectuer le transport soi-même. Toutefois, cette solution ne serait que temporaire, selon Jimmy Lapointe, producteur à la ferme Lapointe de Saint-Augustin.

« On pourrait le faire nous-même, mais ce n’est pas l’idéal, car on est très occupés en tant que producteurs. Certes, on a des périodes plus tranquilles, mais ça va être difficile de trouver du temps, notamment dans la période des foins », croit-il.

Remplaçant

L’option privilégiée demeure toutefois de trouver un transporteur remplaçant. Par ailleurs, l’idée d’un abattoir au Saguenay-Lac-Saint-Jean n’est pas nécessairement la meilleure, selon lui, puisque seulement 10 % des 150 agneaux et des chèvres qui vont à l’abattoir toutes les deux semaines sont commercialisés ici.

Le président du syndicat des éleveurs d’ovins abonde dans le même sens. « Il n’y a qu’un seul abattoir dans la région qui pourrait avoir les permis pour faire l’abattage de façon conforme. Mais il n’y a pas beaucoup de volume dans la région. On est quelques-uns à faire de la vente à des consommateurs dans la région, mais la majeure partie est vendue à l’extérieur », conclut Dany Larouche.

 

Partager cet article