La camerise, une industrie en devenir

Louis Potvin, journaliste de l'Initiative de journalisme local
La camerise, une industrie en devenir
L’entreprise propose un système de location de cet appareil pour récolter le fruit. (Photo : courtoisie)

La camerise gagne en popularité et les producteurs s’organisent pour développer une industrie autour de ce petit fruit qui a de grandes qualités nutritives, dont un haut taux d’antioxydants.

On compte autour de 60 producteurs dans la région, mais la majorité est présente autour du lac Saint-Jean. La production pourrait atteindre 200 000 livres en 2020, soit 50 000 livres de plus qu’en 2019.

Le fruit est encore méconnu. Et c’est seulement de 15 à 20% de la production qui se vend à l’état frais, dont 10% en autocueillette. Il faut trouver des débouchés pour ce fruit prometteur

Intermédaire

C’est ici qu’intervient Boréalis Nature Fruit. André Gagnon, un agronome du MAPAQ à la retraite, a décidé de fonder une entreprise pour développer une industrie, mais surtout de faciliter la vie des producteurs pour vendre leur camerise.

« Nous sommes un réseau d’environ 40 producteurs et je sers d’intermédiaire entre le producteur et le transformateur. Ainsi, c’est plus simple de faire la mise en marché de la camerise, développer des produits et obtenir un prix juste », mentionne-t-il.

L’entreprise a donc réussi à s’entendre avec le groupe Bleuets sauvages du Québec pour congeler de la camerise et en faire la vente. Un choix logique dans les circonstances, car ils ont de nombreux clients attirés par les petits fruits.

« C’est complémentaire et les transformateurs font vraiment une bonne job! Nous avons aussi développé avec eux une purée qu’on peut utiliser dans les yogourts et un jus qui est beaucoup utilisé par les microbrasseries.  Le marché se développe bien. »

Aussi, pour faciliter la vie des producteurs, l’entreprise possède deux équipements spécialisés provenant de la Pologne pour récolter mécaniquement la camerise. Comme le fruit est rapidement périssable, il est ensuite placé dans un camion réfrigéré et transporté à une usine de congélation.

Le producteur peut louer l’équipement ou bien demander à Boréalis Nature Fruit de faire la récolte.

Prix à la hausse

Il y a quelques années, la camerise se vendait 2,72$ la livre. Comme l’offre a augmenté, le prix a chuté à 50 cents pour atteindre 90 cents en 2019 et probablement 1$ cette année.

« Le problème, c’est que nous sommes passés de petite à moyenne production, ce qui a fait tomber les prix. Et là, on n’est pas encore assez gros pour répondre à la demande de gros clients.  J’ai confiance que nous allons accroitre la production au cours des prochaines années, car les vergers gagent en maturité et les rendements sont meilleurs. »

Chaque année, il s’ajoute des producteurs. De plus, le fruit gagne en popularité, car certaines nouvelles variétés sont plus sucrées et moins amères, ce qui plait au consommateur.

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