La brocante aussi glamour qu’à la télévision?

La brocante aussi glamour qu’à la télévision?
Dany St-Jean. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Les émissions qui traitent d’enchères, de brocante et d’antiquités ont la cote depuis quelques années, mais reflètent-elles vraiment ce métier? Le brocanteur Dany St-Jean, qui compte 30 ans dans ce milieu, est bien placé pour en parler.
« La télévision montre les deux extrêmes, soit la trouvaille extraordinaire qu’on arrive à avoir à bas prix ou encore le collectionneur qui a des joyaux, mais qui refuse de s’en départir. Dans la vraie vie, on se situe plutôt entre les deux », affirme Dany St-Jean.
Celui-ci vie de son métier à temps plein depuis déjà plusieurs années, mais est actif dans ce domaine depuis trois décennies. Il a eu la piqûre et ne s’en est jamais sorti.
« Le métier est un peu une maladie en même temps qu’une passion. Je suis un amasseur compulsif, je ne suis pas capable de jeter un bout de planche. Dans notre métier, tout se récupère. Tu ne sais jamais si ton bout de planche ne pourra pas te servir 20 ans plus tard! »
Brocante vintage
Dany St-Jean décrit son commerce comme une brocante vintage et non pas comme un commerce d’antiquités. Pour lui, c’est la façon de tirer son épingle du jeu dans un marché changeant.
« Le marché a énormément changé. Les meubles antiques, ça ne se vend plus. Aujourd’hui, les jeunes recherchent des objets selon les critères : beau, utile, pas cher. L’époque où quelqu’un entrait dans ton commerce pour équiper sa résidence en meubles antiques est révolue. »
Ce milieu en est un de modes éphémères, ajoute cependant le brocanteur, et il n’est pas dit que la mode du meuble antique ne reviendra pas.

Même si ça peut avoir l’air impensable, tout ce qu’on voit là fini par se vendre, affirme Dany St-Jean.

S’approvisionner
Contrairement à ce que la télévision pourrait laisser croire, Dany St-Jean ne parcourt pas les quatre coins du Québec pour faire des trouvailles. Il affirme que 80% de ses activités ont lieu dans un rayon de 100 km.
« Aller à l’aveugle pour tenter de faire des trouvailles, c’est impensable, car ça coûte trop cher d’essence et tu ne trouveras peut-être rien pour tout ton temps. »
Il précise en outre que plus on se rapproche des grands centres, plus les coûts d’achat d’un item seront élevés, ce qui rend la revente en région très difficile.
La télévision a toutefois eu un bon côté. Les gens jettent moins leurs objets et sont davantage sensibilisés au fait que les prix des objets anciens sont en général élevés.

Partager cet article