Isala Pilote célèbre son 105e anniversaire

Denis Hudon
Isala Pilote célèbre son 105e anniversaire
Née le 11 septembre 1915 à Saint-Stanislas, Isala Pilote compte parmi les doyennes au Saguenay-Lac-Saint-Jean. (Photo : Trium Médias - Denis Hudon)

À 105 ans, Isala Pilote figure assurément parmi les doyennes au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Originaire de Saint-Stanislas, la plus que centenaire demeure au centre d’hébergement en soins de longue durée (CHSLD) Oasis du Centre Maria-Chapdelaine, depuis seulement juillet dernier.

Son anniversaire, qui a eu lieu le 11 septembre dernier, n’est pas passé inaperçu auprès de ses proches et du personnel de l’établissement.

Née en 1915 sur la ferme familiale, Isala Pilote a vécu une vie bien remplie, travaillant fort pour élever sa famille de 14 enfants, dont huit sont toujours vivants. Elle s’est mariée à l’âge de 17 ans avec Daniel Ouellet, qui demeurait dans le Rang de la rivière au foin. Elle est demeurée à la ferme familiale, jusqu’en 1990.

Cette année-là, après un veuvage de 25 ans, Isala Pilote s’est remariée en deuxième noce, avec Thomas-Louis Gaudreault, qui demeurait à Saint-Eugène-d’Argentenay. Ils ont par la suite partagé leur vie de couple aux Jardins du monastère.

Lorsqu’on lui mentionne ses 105 ans, elle répond que ça ne la dérange pas. Et si on lui demande si elle se trouve jeune, elle esquisse un sourire moqueur.

Une vie de labeur

Accompagnée de sa fille, Suzie, qui la visite régulièrement avec ses autres frères et sœurs qui habitent dans le secteur, Isala Pilote est bien entourée de l’amour des siens. Le plus difficile pour elle, c’est l’effort qu’elle doit faire pour entendre, ayant perdu plus de 60% de ses capacités auditives. Elle est très lucide et a encore une très bonne mémoire pour beaucoup d’événements du passé.

Douze de ses enfants sont nés à la maison. Lorsqu’elle accouchait, elle était toujours accompagnée du docteur et soutenue aussi par sa mère.

Pour ce qui est de ses loisirs, elle avoue ne pas en avoir eu beaucoup, étant occupée à plein temps à élever sa famille.

« Elle faisait de tout », dit sa fille Suzie, de la couture en passant par la coiffure, le tricot et elle était une excellente cuisinière aussi.

Les cartes et le bridge ont été ses principaux loisirs. Mais surtout les jeux de cartes. Chose certaine, les fins de semaine, il y avait beaucoup de monde chez Isala Pilote. L’action ne manquait pas comme les discussions.

Il y a quelques années déjà, Isala Pilote a combattu un cancer du sein. Aujourd’hui, ce sont surtout ses jambes qui la font souffrir. Elle se déplace à l’occasion avec son fauteuil roulant électrique à l’intérieur des murs de l’Oasis.

Une lignée de 101 descendants sur cinq générations

Isala Pilote a une longue descendance, on peut l’imaginer, quand on sait qu’elle vient tout juste de célébrer ses 105 ans. Elle ne compte pas moins de 101 descendants répartis sur cinq générations.

Ainsi, la plus que centenaire qui a donné le jour à 14 enfants, compte aujourd’hui 33 petits-enfants, 45 arrière-petits-enfants et neuf arrière-arrière-petits-enfants.

Avant d’être relogée à l’Oasis pour y recevoir des soins plus adaptés à sa condition et à son âge, Isala Pilote a séjourné plusieurs années aux Jardins du monastère, puis au Manoir Cinq-saisons et jusqu’à tout récemment encore, à la maison du Bel-âge.

Très pieuse depuis sont plus jeune âge, elle adresse ses prières aux siens, mais surtout aux êtres chers qu’elle a perdus au fil des ans.

Pour son centenaire, elle a reçu une adresse de sa Sainteté le pape François, daté du 17 juillet 2015, lui accordant la bénédiction apostolique et invoquant sur elle la protection de la Vierge Marie. Ce message d’anniversaire du pape, encadré, occupe une place de choix sur le mur de sa chambre.

Difficile avec la COVID-19

Évidemment, avec la pandémie à la COVID-19 et le confinement généralisé à partir de la fin juin, la situation a été particulièrement difficile à vivre pour nos aînés. Le fait de ne pas pouvoir recevoir la visite de proches pendant des semaines et des semaines, a été une épreuve pour Isala Pilote comme pour tous les résidents.

« Ç’a été une période très difficile. Ma mère a beaucoup changé aussi pendant le confinement. Je dirais qu’elle s’est résiliée, qu’elle a lâché prise», observe sa fille Suzie.

Le déconfinement a été accueilli avec un grand soulagement. Le retour des visites, même si le personnel soignant continuait d’apporter soins et réconfort aux aînés, a été reçu comme un cadeau du Ciel.

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