Industrie du bleuet: : « Le voile commence à être levé »

Serge Tremblay
Industrie du bleuet: : « Le voile commence à être levé »
(Photo : Trium Médias - Archives)

Quelle que soit la décision que rendra la Régie des marchés agricoles et alimentaires du Québec concernant la Coopérative Grand Bleu, les audiences qui ont eu lieu dans la semaine du 14 juin marquent un tournant dans l’industrie, estime le Syndicat des producteurs de bleuets du Québec.

Lors de ces audiences, quelque peu houleuses par moment, la Régie entendait la demande formulée par la Coopérative Grand Bleu pour obtenir une exemption à la Convention de mise en marché afin de faire usiner des bleuets provenant des terres publiques en dehors de la région.

Or, ces audiences ont permis de confirmer que cette pratique avait déjà cours chez Bleuets sauvages du Québec et Bleuets Mistassini.

« J’estime que le voile commence à être levé sur l’omerta qu’il y a dans l’industrie du bleuet au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Le grand public a pu apprendre que Bleuets Mistassini et Bleuets sauvages du Québec font usiner des bleuets à l’extérieur du territoire du plan conjoint », lance le président du Syndicat, Daniel Gobeil.

Celui-ci est d’avis qu’en vertu du fait que cette pratique a cours chez les transformateurs, il serait naturel de permettre à la Coopérative Grand Bleu de pouvoir aller de l’avant avec son projet qui consiste à faire appel à un sous-traitant, Emblème Canneberges de Sainte-Eulalie, pour l’usinage des bleuets cueillis en terres publiques.

Capacité d’usinage

D’autant plus, ajoute Daniel Gobeil, que bon nombre de producteurs ont de la difficulté à obtenir les boîtes dont ils ont besoin lors de la récolte en raison de la capacité d’usinage insuffisante sur le territoire régional.

« On manque de capacité d’usinage lors de bonnes saisons et on se retrouve à ne pas être capable d’avoir des boîtes pour ramasser nos bleuets. Il faut alors prolonger la période de récolte et plus on allonge, plus en perd en qualité de fruit et plus on encourt des risques de pertes. On se retrouve parfois avec le sol bien bleu tard en saison. »

Concurrence

C’est d’ailleurs pour cette raison que le Syndicat a donné son appui à la Coopérative Grand Bleu. On espère qu’un joueur supplémentaire, en plus d’introduire un élément de concurrence additionnel dans l’équation, permettra de stabiliser la situation sur le plan des quotas de boîte avec lesquels composent les producteurs.

« On ne s’était pas opposé à ce que les 28 actionnaires de la Congèlerie Héritier de Normandin se prennent en main et on ne s’oppose pas plus à ce que les 90 producteurs de Grand Bleu prennent leur destin en main. Il faut davantage de concurrence dans l’industrie du bleuet. »

Transformateurs

Bleuets sauvages du Québec, Bleuets Mistassini et Congèlerie Héritier ont plaidé pour le rejet de la demande de Grand Bleu et le respect de la Convention de mise en marché, qui prévoit que les bleuets récoltés sur les terres publiques doivent être livrés à un acheteur qui détient une usine de congélation sur le territoire du plan conjoint.

 

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