Gourganes : De trop bonnes récoltes?

Yohann Harvey Simard
Gourganes : De trop bonnes récoltes?

Les producteurs de gourganes de la région connaissent une excellente saison. Particulièrement abondants cette année, les stocks de « fèves des marais » peinent toutefois à trouver preneur.

Les températures plus fraîches et pluvieuses du mois de juillet dernier ont grandement favorisé le fleurissement de la gourgane. Résultat, les producteurs ont pu procéder à des récoltes plus que satisfaisantes, comme en témoigne Éloi Truchon, propriétaire de la Ferme Éloïse à Alma.

« On a eu un très bon rendement cette année. C’est la meilleure récolte depuis 5-6 ans. »

Là où le bât blesse, dit-il, c’est plutôt en ce qui a trait à la demande, qui se fait moins importante cette année.

« Il y a du volume en masse, mais le problème, c’est la vente. Avec le COVID, il y a beaucoup de gens qui se sont fait des jardins, donc ça l’a diminué la demande. Même que ça se fait sentir en dehors de la région. »

Moins populaire chez les jeunes

Selon Éloi Truchon, cette baisse de la demande est également liée à un changement de mentalité défavorable à l’achat de la gourgane fraîche, dont la préparation est parfois jugée trop laborieuse.

« Avant, c’était nos grand-mères qui faisaient ça, mais aujourd’hui, les jeunes ne veulent plus écailler les gourganes eux-mêmes. Ils trouvent ça trop long et difficile. Alors ils se tournent vers la gourgane congelée, qui je crois, va continuer à prendre de l’ampleur. »

Faute d’avoir les débouchés nécessaires, une partie des récoltes servira pour la semence et le reste devra aller au rebut.

Gourgane congelée

C’est donc que le salut de la gourgane pourrait effectivement se trouver dans sa congélation, alors que les volumes de transformation ont bondi à la Congèlerie Héritier de Normandin.

De 250 000 milles livres congelées l’an dernier, l’entreprise est passée à 650 000 milles cette année, rapporte Jacquelin Drapeau, actionnaire et président du conseil d’administration.

Néanmoins, la percée du marché provincial s’avère être un long processus. « On travaille encore à trouver des nouveaux débouchés. On est en discussion avec plusieurs personnes de l’extérieur intéressées par la gourgane. »

C’est également ce que soutient Mylène Boily, présidente de Légunord à Saint-Gédéon, une entreprise responsable de l’emballage et de la distribution de la gourgane surgelée.

 

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