Dossier TC : « Il faut prendre le temps de vivre son deuil » -Richard Hébert

Dossier TC : « Il faut prendre le temps de vivre son deuil » -Richard Hébert

RITUELS FUNÉRAIRES. La tendance à l’accélération des rites funéraires qui est observée à l’échelle du Québec se répercute aussi chez nous. Pour Richard Hébert, vice-président de la Maison Funéraire Hébert et fils et ex-président de la Corporation des thanatologues du Québec et de l’Association des services funéraires du Canada, il s’agit d’un changement qui n’est pas sans risques.

« Cette tendance, elle se sent ici aussi. On est rendu dans ce monde-là, qui va très vite. Le rôle du conseiller devient très important, car il doit s’assurer que les gens prennent le temps de vivre leur deuil », affirme Richard Hébert.

Celui-ci ajoute qu’il ne sert à rien d’essayer de balayer le tout sous le tapis et de tenter de passer à travers cette épreuve le plus rapidement possible pour passer à autre chose. « Les gens se disent on va faire ça vite, ça va faire moins mal. Le deuil va prendre six mois ou un an, dépendamment des personnes. Ça fait mal et ça ne s’en ira pas, alors prenons le temps de vivre ça », explique-t-il.

Chez nous, Richard Hébert précise que le rite funéraire dure habituellement une journée complète, plus une autre demi-journée qui est suivie des funérailles. Un contraste quand même important par rapport aux pratiques d’il n’y a pas si longtemps, où on parlait d’une durée de trois jours.

En région, le rituel d’exposition du corps du défunt attire encore beaucoup de gens. « J’ai vu des salons très modernes en ville où on a 25 à 30 places, c’est à se demander où les gens vont pouvoir s’asseoir. En région, les liens sont plus serrés et les gens se déplacent encore beaucoup pour les funérailles. Il ne faut pas oublier non plus que les funérailles, c’est pour ceux qui restent, pas pour ceux qui partent », souligne Richard Hébert.

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