Davantage d’autonomie réclamée dans la gestion des forêts

Serge Tremblay
Davantage d’autonomie réclamée dans la gestion des forêts
Les communautés locales seraient mieux placées que le ministère afin de concilier les activités forestières et les autres usages récréatifs du territoire, estime la MRC de Maria-Chapdelaine. (Photo : Trium Médias - Serge Tremblay)

Les communautés forestières réclament davantage d’autonomie dans la gestion du territoire forestier situé à proximité des municipalités. Elles seraient mieux placées pour gérer les enjeux de ce territoire que les autorités centralisées à Québec.

C’est là l’un des constats qui est ressorti du Forum des communautés forestières de la Fédération québécoise des municipalités (FQM), dont la présidence était d’ailleurs assurée par le préfet de la MRC de Maria-Chapdelaine, Luc Simard.

« La refonte du régime forestier a fait avorter nos projets de forêt de proximité et devait entre autres restaurer la confiance des Québécois envers le ministère en retirant la gestion des forêts des mains de l’industrie. Force est de constater que la confiance n’est pas plus là. Il vaudrait mieux se tourner vers l’expertise locale pour gérer la ressource », avance Luc Simard.

Dans l’état actuel des choses, les communautés forestières n’ont tout simplement pas les outils en main pour faire une meilleure gestion de la forêt de proximité.

« Quand on parlait à l’industrie, on arrivait au moins à parler à quelqu’un de décisionnel. Au ministère, on dirait que personne n’a le pouvoir de prendre des décisions. Localement, on a des Tables GIRT (gestion intégrée des ressources et du territoire), mais ça ne répond pas à nos besoins. C’est de la gestion macro, alors que le diable est dans les détails. On ne règle pas les conflits d’usage et autres enjeux locaux. »

Forêt de proximité

Pour Luc Simard, il serait temps pour le ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs (MFFP) d’envisager de confier aux communautés la gestion de la forêt de proximité. À la MRC de Maria-Chapdelaine, on cible grosso modo le pourtour forestier situé dans un rayon de 40 à 50 km des municipalités.

« Nous, on ne veut pas gérer en fonction des volumes de bois, on veut gérer un territoire. C’est une différence majeure et ça pourrait être un bel outil de développement touristique et de gestion communautaire de la ressource. Et si on se plante et on commet une erreur, on n’aura que nous à blâmer. »

Le préfet affirme que les enjeux du territoire ne seraient pas moins complexes pour autant, mais qu’à tout le moins, les communautés seraient autonomes pour prendre des décisions dans l’intérêt des priorités locales.

« Un bel exemple, c’est avec l’Association des sportifs à Albanel. Au départ, ils étaient réticents à ce que l’on fasse des opérations forestières, mais on a démontré qu’on pouvait faire de la récolte intelligemment en préservant le visuel et en dégageant certains couloirs pour améliorer la vue. C’est certain qu’il y a des défis, mais on peut les surmonter. »

Ministères interpellés

Avec l’appui de la FQM, les communautés forestières entendent interpeller différents ministères, dont le MFFP, pour définir un nouveau concept de forêt de proximité.

« Je pense honnêtement que l’on enlèverait une épine dans le pied du ministère des Forêts. »

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