« Ça n’avait aucun sens, une pareille route pour se rendre à Québec » — Marina Larouche

« Ça n’avait aucun sens, une pareille route pour se rendre à Québec » — Marina Larouche
Le maire Jean Tremblay veut rebaptiser la route 175 en boulevard Marina-Larouche.

De la tôle froissée, des blessés et des morts, il y a quelques années à peine, « traverser le Parc » relevait presque de l’épopée. À la Une des médias plus souvent qu’à son tour, la 175 aura été le théâtre de drames assez fréquemment pour s’inscrire dans l’imaginaire collectif comme un itinéraire cauchemardesque.

Après plusieurs années de travaux d’amélioration, cette route se révèle enfin bien plus sécuritaire. Un véritable soulagement pour la population, témoigne volontiers la conseillère municipale, Marina Larouche. Loin de prétendre avoir travaillé en solitaire à la réalisation d’une route à quatre voies divisées, Mme Larouche peut néanmoins se targuer d’avoir mené son combat au nom de la population régionale.

« Si j’avais mené ce dossier en mon nom et que j’avais laissé l’orgueil prendre le dessus, j’aurais tout laissé tomber, confesse la conseillère. Je l’ai fait pour les gens qui étaient derrière moi. La population voulait cette route à 4 voies », insiste celle-ci.

Se réjouissant de voir que l’artère qui débouche sur des paysages magnifiques dans un environnement à peu près dompté sera inaugurée sous peu, elle n’en garde pas moins une certaine amertume, quand elle se remémore ses détracteurs.

« Si 80 % des gens étaient derrière moi, il y en avait tout de même une tranche de 20 % (surtout des intellectuels, souligne-t-elle) qui n’étaient pas du tout convaincus de la faisabilité de ce projet », se souvient celle-ci.

Rêve ou réalité

Pelleteuse de nuages, rêveuse irréaliste, folle, Marina Larouche en a entendu de toutes les couleurs. « On m’a même accusée de raconter des histoires à la population en affirmant que cette route ne se ferait jamais », rapporte celle-ci avec un brin d’indignation.

Loin de se décourager, elle réitère que son leitmotiv consistait à livrer à la population une route sécuritaire. « Ça n’avait aucun sens, une pareille route pour se rendre à Québec. Les virages et les dépassements à travers les trains routiers. Cette route était extrêmement dangereuse. Les gens qui devaient traverser le parc pour des examens médicaux, par exemple, étaient souvent obligés de coucher à Québec. Aujourd’hui, on peut facilement effectuer un aller-retour dans la même journée », souligne celle-ci.

Et ce n’est pas tout, poursuit Mme Larouche, car au moment où les porteurs du dossier ont demandé d’aménager des clôtures pour restreindre le passage d’orignaux sur la route, les opposants se sont à nouveau manifestés.

« Là, on s’est fait traiter de folles qui voulaient clôturer le parc. Pourtant, dans d’autres régions, on le faisait pour les chevreuils qui sont bien plus petits », fait remarquer la conseillère.

Marina Larouche, qui se retirera cet automne de la politique municipale après 28 années d’implication, affirme pouvoir partir avec le sentiment du devoir accompli. De tous les dossiers qu’elle a menés, la réalisation de la 175 est sans doute son meilleur exploit, même avec une limite de vitesse qui aura imposé un dénouement de plusieurs années.

Rappelons que Marina Larouche a été parmi les instigateurs du mouvement Accès-Bleuets en 1989 en compagnie de Jacques Cayer et Gilles Paquet. Cet organisme est né à la suite d’une série d’accidents meurtriers dans la Réserve faunique des Laurentides et son objectif était de transformer la route en un lien routier à quatre voies divisées. Une pétition de 101 000 signatures d’appuis fut d’ailleurs déposée à l’Assemblée nationale par Accès-Bleuets.

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