Automutilation: Plus de filles que de garçons

Automutilation: Plus de filles que de garçons
Le Dr Frédéric Charland

PLAIES. Alors que l’automutilation est de plus en plus répandue, au Québec, Le Courrier a voulu obtenir l’avis d’un spécialiste sur la question, afin de démystifier ce phénomène.

Puisqu’aucun des professionnels de la région, que nous avons contactés, n’a voulu commenter le sujet, nous nous sommes tournés vers l’Association des médecins psychiatres du Québec (AMPQ).

«Par définition, l’automutilation est une destruction délibérée des tissus du corps. Des sévices que l’on s’inflige à soi-même. Ces gestes sont souvent associés à un trouble de la personnalité limite», mentionne d’entrée de jeu, le Dr Frédéric Charland, psychiatre de l’enfant et de l’adolescent et responsable du comité de pédopsychiatrie de l’AMPQ.

Plusieurs signes

La forme la plus connue d’automutilation est, sans aucun doute, les entailles plus ou moins profondes dans la peau. Toutefois, de nombreux comportements y sont également associés.

«On parle de brûlures, de coups violents qui causent des ecchymoses et des égratignures faites avec les ongles. Bien qu’on le voit plus rarement, il existe aussi l’insertion d’objets dans le corps, comme des aiguilles».

Selon le Dr Charland, l’automutilation s’observe, principalement, chez les jeunes de 13 à 15 ans et est plus populaire auprès des filles (75%) que des garçons (25%).

«Ça ne veut pas dire que les garçons se mutilent moins. C’est simplement que ce phénomène est plus facilement déclaré chez les filles».

S’en sortir

Frédéric Charland estime qu’il est possible, pour un adolescent, de tourner la page sur cette période tumultueuse de sa vie.

Par contre, il faut d’abord identifier les motifs qui l’ont poussé à se mutiler. Si cette tâche s’avère trop ardue pour la famille, l’intervention d’un professionnel sera inévitable.

«Il faut agir puisque les risques d’infection sont importants, sans compter que le système nerveux peut être sérieusement atteint. De plus, esthétiquement parlant, les cicatrices demeurent toute une vie».

Alors que, chez les adolescents, le problème peut facilement être réglé, c’est une tout autre affaire quant à l’automutilation chez les adultes.

Comme ce comportement est alors bien ancré dans leurs habitudes, le parcours pour s’en sortir sera beaucoup plus difficile.

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