Gestion de l'offre : Un système qui fait l’affaire des producteurs

Serge Tremblay serge.tremblay@tc.tc
Publié le 29 juillet 2015

Des agriculteurs de partout au Québec ont manifesté à Roberval lundi dernier.

TC Media - Serge Tremblay

AGROALIMENTAIRE. Alors que les négociations se poursuivent dans le cadre du Partenariat transpacifique (PTP), les agriculteurs craignent pour le système de gestion de l’offre. Mais, au juste, qu’est-ce que la gestion de l’offre?

« La gestion de l’offre est basée sur trois piliers. On contrôle les produits à l’entrée, il y a une négociation pour le prix et il y a une garantie de volumes d’approvisionnement. C’est une mesure réglementaire qui est encadrée par des lois et des règlements pour limiter l’accès des produits régis par cette loi », explique Pierre Lemieux, premier vice-président de l’UPA.

La gestion de l’offre s’applique à certains secteurs ciblés de production, à savoir : la production laitière, la production d’œufs de consommation, la production de volaille et la production d’œufs d’incubation.

Concrètement, ce type de système demande une importante planification afin de faire en sorte que la production réponde aux besoins. « On ajuste les volumes de production en conséquence de la demande prévisionnelle des consommateurs », précise Pierre Lemieux.

En place depuis environ une trentaine d’années, la gestion de l’offre permet aux producteurs concernés de faire des affaires sans avoir besoin de recourir à des subventions gouvernementales. Elle empêche en outre les grands producteurs étrangers d’inonder le marché canadien dans les secteurs régis, ce qui fait en sorte de prémunir le marché contre la volatilité des prix généralement attribuable à la surproduction.

Australie

Pierre Lemieux fait valoir que le cas de l’Australie devrait inciter le gouvernement canadien à protéger intégralement la gestion de l’offre. Au tournant des années 2000, l’Australie a en effet amorcé un processus de dérèglementation de son secteur laitier. Depuis, le nombre de fermes laitières a chuté de 51 %, la production a aussi diminué de 15 % et le prix des produits laitiers a augmenté de 36 % pour les consommateurs.

« La gestion de l’offre nous assure un revenu équitable sans avoir à recourir à des subventions. C’est un système qui fait la fierté de toute la filière agroalimentaire. Il faut le protéger dans son intégralité », affirme Pierre Lemieux.

Les agriculteurs craignent que le Canada laisse tomber la gestion de l'offre en ouvrant ses frontières à la faveur de traités de libre-échange.

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