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Tordeuse des bourgeons de l'épinette : une hausse de 20% des superficies affectées attendue


Publié le 13 juin 2017

Les arbres affectés par la tordeuse des bourgeons de l’épinette doivent être récoltés sur un horizon de 2 à 3 ans avant que d’autres insectes ne se mettent de la partie.

©TC Media - archives

FORÊT. L’épidémie de tordeuse des bourgeons de l’épinette qui sévit au Saguenay-Lac-Saint-Jean poursuivra ses ravages au cours de l’été 2017. Une augmentation de 20% des superficies affectées par l’insecte est appréhendée.

C’est la prévision que fait le chercheur scientifique Jacques Régnière, de Ressources naturelles Canada, qui étudie de près la dynamique des populations de la tordeuse.

« L’an dernier, au Saguenay-Lac-Saint-Jean, il y a eu une augmentation de 20% des superficies infestées et on peut s’attendre à une expansion du même ordre cette année encore. On parle actuellement d’une superficie infectée de 1,2 million d’hectares dans la région », explique-t-il.

Devant un tel constat, la lutte contre l’insecte se poursuit, non pas dans le but de l’éradiquer, mais plutôt de sauver les arbres qui peuvent l’être. « On est passé l’étape du contrôle. L’objectif est plutôt de protéger les peuplements de haute valeur », précise le chercheur.

Ce type d’intervention devra se poursuivre encore plusieurs années, puisque le cycle de la tordeuse est loin d’être terminé. « L’épidémie est encore en expansion et on n’a pas encore atteint le pic. Le cycle en cours en est à sa 11e année et dure habituellement de 15 à 20 ans. On doit attendre que ça passe », mentionne Jacques Régnière.

Mieux outillés pour la suite

En menant ses recherches sur les populations de tordeuse, Jacques Régnière a travaillé sur une approche d’intervention hâtive qui a jusqu’à maintenant fait ses preuves au Nouveau-Brunswick. Au Québec, il est beaucoup trop tard pour employer une telle méthode, mais le chercheur est confiant qu’on pourra éviter le pire lors d’un prochain cycle de tordeuse.

« On a eu de très bons résultats au Nouveau-Brunswick au cours des quatre dernières années. D’après moi, lors de la prochaine infestation, on aura suffisamment d’informations pour intervenir adéquatement. Moi, je pense qu’on pourra éviter une autre épidémie », affirme Jacques Regnière.

À quand la prochaine infestation? Les cycles de la tordeuse des bourgeons de l’épinette sont espacés sur une période de 30 à 40 ans.